Bright

Et voilà que Netflix débarque avec ses gros sabots dans le monde du long-métrage blockbuster qui coûte plein de sous (dont une grande partie pour le salaire de Will Smith, m’est avis). Et avec un mélange de polar et de fantasy qui tente de nouer des trucs attirant plein de monde. Le résultat n’a rien de transcendant mais se laisse voir.

Le monde de Bright c’est un peu le nôtre, sauf qu’on y trouve en plus des Orcs, Elfes, Fées, de la magie etc. Un flic humain est contraint de prendre comme coéquipier le premier flic orc, rejeté par les siens parce que normalement les Orcs sont tous dans des gangs et font dans l’illégal (oui, tous, ce film ne fait pas dans la finesse ni dans la demi-mesure). Au cours d’une intervention de base, ils vont se trouver mêlés évidemment à un truc qui les dépasse complètement puisqu’ils vont tomber sur une baguette magique, un objet magique très puissant mais que bien peu de personnes sont capables de manier sans mourir dans la seconde ; ces personnes on les appelles des Bright, et ce sont surtout des Elfes (oui, ceux qui sont riches, vivent dans de beaux quartiers et méprisent les autres races, oui à nouveau tous es Elfes) mais aussi on dit que parfois ça peut être un Humain. Et tout le monde va vouloir cet espèce de McGuffin de service pour pouvoir n’en faire qu’à sa guise (même si on rappelle tout le long que quasi tout le monde meurt rien qu’en la touchant) : flics véreux, Elfes maléfiques, Orcs sauvages,… Ça va faire du monde sur le dos de nos deux troufions qui vont tenter de sauver leur peau et le monde dans cette histoire.

Bright tente de se vendre avec son univers si particulier, mêlant notre monde à un univers de fantasy assez classique. Souvent comparé à une sorte de Shadowrun contemporain ; la comparaison est certes flatteuse pour le film mais n’est pas à la hauteur du jeu. Le monde de Bright reproduit en fait tout bêtement notre propre monde. Les Orcs des gangs sont juste le cliché de la population afro-américaine ou latino. Les Elfes sont juste la classe des riches coupés du monde réel avec les gated communities et tout le reste. Une parabole de notre société beaucoup trop simpliste et basique pour être bonne. Et finalement l’existence de ces races et de la magie depuis des millénaires aux côtés des Humains n’a strictement rien changé à l’évolution de la civilisation. On pourrait s’attendre à ce que ces éléments bouleversent quelque peu l’histoire de notre monde, qu’ils amènent des changement sociétaux et d’autres manières de voir les choses ; et ben non, que dalle, c’est juste posé là tel quel sans réfléchir aux incidences que cela peut avoir. Alors oui du coup le film se vend avec une morale contre le racisme et tout, mais tellement énorme, tellement basique, que ça ne prend guère. Et comme en plus on a là-dessus un scénario très convenu, et bien le film déçoit quelque peu. Parce que sur le papier, ce polar de fantasy urbaine avait tout pour plaire. Des bonnes idées, il y en a dans le fond, mais super mal exploitées.

Bright est un film de David Ayer, capable d’un grand écart artistique assez dingue allant du très bon Fury au pénible Suicide Squad en passant par le sympathique Sabotage. Et ce n’est pas ici qu’il démontre le meilleur de ses capacités. Le film est tellement lisse et plat que c’en est bien dommage. La mise en scène manque de rythme, et on peine à s’attacher aux personnages ou à se sentir pris dans les enjeux ou à suivre les motivations simplistes des protagonistes. Bien peu de moments de bravoure comme Ayer est pourtant capable d’en filmer, et c’est dommage. Devant la caméra, on a les deux buddy cops Will Smith (Men in Black, bad Boys, Je suis une légende, I Robot, Independance Day,…) et Joel Edgerton (The Thing, La Revanche des Sith,…) sous un gros maquillage d’Orc. Clichés, archétypiques, ce sont des personnages sans grande saveur, malgré toutes les tentatives de leurs interprètes pour leur donner plus de chair. A noter aussi les participations de Lucy Fry et Noomi Rapace (Prometheus, Millenium,…)

Bright est un peu le genre de film « piège médiatique », vendu à gros coups de promo. En plus une promo quasi faite pour moi : du Shadowrun en film, de la fantasy urbaine, une enquête, de l’action,… Sur le papier il avait tout pour lui. Au final ce n’est qu’un polar mettant d’autres noms et du maquillage sur des archétypes déjà usés jusqu’à la corde, avec un McGuffin trop gros pour être vrai, et des trous scénaristiques incroyablement nombreux.  Rien de bien fou là-dedans donc.

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