Masango – La voie du gladiateur

Si j’avais acheté et lu le premier bouquin de Fabrice Pittet par pur copinage, j’ai pris celui-ci parce que j’ai beaucoup aimé la lecture des Chroniques Ecarlates. Ici on passe au roman plutôt qu’au recueil de nouvelles. Et c’est un exercice dans lequel l’auteur s’en sort très bien aussi.

On retrouve avec ce livre le monde de l’Etoile, l’univers médiéval-fantastique que Fabrice a créé au fur et à mesure de ses écrits, avec ses civilisations, ses peuples, sa magie, ses créatures, son fonctionnement ; un univers qui a une certaine consistance, une cohérence, qui se tient. Et même si Masango n’a rien à voir avec les Chroniques Ecarlates, on retrouve des références à des peuplades, des régions, qui montrent qu’on a vraiment affaire à un tout et que l’auteur travaille son worldbuilding. Ici on va suivre les pas de Masango, un gladiateur contraint à combattre dans l’arène, jusqu’à la mort. A moins qu’il ne vainque tous ses adversaires, auquel cas il pourrait s’offrir sa liberté et celle de la femme esclave dont il est amoureux. Au rythme des combats sanglants et brutaux, le combattant à la peau noire sera confronté au racisme primaire des gens du coin, à un lutte des classes, à la haine, la jalousie, la colère… Tournoyant au sein de conflits larvés entre nobles prétentieux et cyniques, le gladiateur porté par l’amour fera tout pour s’en sortir.

Le roman est bien mené. Il est rythmé par les combats dans l’arène. Si sur le fond on pouvait craindre une répétitivité à ce niveau-là, l’auteur a réussi à rendre les adversaires de Masango suffisamment variés pour apporter du neuf à chaque fois. Chaque affrontement a ses spécificités, avec une gradation dans la difficulté et la violence, le tout pour se terminer dans un dernier acte plus sanglant que tout ce que l’on aurait pu imaginer ; encore plus que dans son précédent ouvrage, Fabrice ne lésine pas sur les descriptions gores. Entres ces combats, on entre dans le cœur et l’âme de Masango, on revit son passé, on découvre à ses côtés les délires de la civilisation qui lui impose de se battre, on vit son amour passionnel, on endosse ses motivations ; le gladiateur devient un héros auquel on peut s’identifier.

Au-delà de l’amour et de ce que l’on peut faire en son nom, le roman aborde des thématiques comme la corruption, le mal dans l’homme, le racisme (même si c’est un peu lourd et trop accentué par moments), la fidélité, ou encore l’honneur.

On y trouve une galerie de personnages bien construits dans l’ensemble, même si le méchant très très méchant pour être méchant manque un peu de profondeur.

Une très bonne lecture encore une fois, prenante et passionnante. On a envie de découvrir ce qui arrive à notre héros et du coup on enchaîne les chapitres. Bravo Fabrice.

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