Nerve

Film d’actualité et traitant d’un sujet qui est central dans notre vie d’aujourd’hui, Nerve est un film très orienté ados. Ça ne veut pas dire qu’il n’est pas sympa à regarder, mais les protagonistes, le thème, pas mal de scènes, la musique, certaines simplifications scénaristiques, tout le désigne comme un film pour ados ; et tant mieux car son propos se destine à eux en premier lieu.

Ici, la plutôt réservée Vee est attirée sur le jeu Nerve par sa copine bien plus extravertie Sydney. Nerve est une sorte de « action ou vérité » en live, en réseau, multijoueurs, et sans l’option »vérité ». On s’y inscrit comme Player ou Watcher. Les players reçoivent des défis à accomplir de la part des watchers, avec des sommes d’argent immédiatement engrangées à la clé. Plus les défis sont fous, plus la somme est importante, plus il y a de watchers/followers s’intéressant à vous, plus vous avez de nouveaux défis. Si on échoue à un défi ou que l’on abandonne, la partie est perdue, ainsi que les sommes accumulées. Le but est d’être le dernier en jeu. Et bien entendu, comme c’est en temps réel, vous êtes filmé et observé, en tant que player. Et votre vie sur les réseaux sociaux également, aidant ainsi à concocter des défis pouvant faire appel à ce qu’il y a de plus fort chez vous. Très vite, Vee rencontre le beau ténébreux Ian, player aussi, et ils vont se retrouver mêlés dans une folle course vers la victoire avec la prise au piège dans un truc pas joli-joli évidemment.

Les deux réalisateurs Ariel Schulman et Henry Joost sont derrière un documentaire Catfish (qui a été suivi par l’émission débile du même nom sur MTV) où un type tombé amoureux sur le net découvre la réalité sur la fausse identité que sa dulcinée avait construite en ligne. C’est devenu une référence dans la dénonciation de ces faux-semblants du web et des pièges inhérents. Ils étaient donc bien placés pour s’intéresser à l’adaptation du roman Nerve (annoncé comme plus sombre et dur que le film, ça peut être assez sympa, allez hop direction la wishlist). Nerve aborde ce sujet en le poussant de manière romancée à son extrême, avec la question des identités réelles et de ce que l’on divulgue sur les réseaux sociaux, du pouvoir que l’on offre ainsi aux autres sur nous. Deux réalisateurs donc, travaillant en duo sur des films de la saga Paranormal Activity, l’un d’entre eux lançant une émission sur MTV, on est bien dans du réalisateur orienté ados. Pour une réalisation très « clip vidéo », lisse, propre, pleine de couleurs au néon, de jolis plans assez clichés, avec un rythme régulier et soutenu. Bref, une réalisation sans grande originalité mais moderne et très accessible. A noter que la bande-son colle au style avec plein de titres qui font « djeunz » comme on dit nous les vieux et des artistes pour la plupart inconnus à mes yeux (à part Roy Orbison et le Wu-Tang).

Le style ado est complété par des acteurs jeunes, beaux (dans des canons actuels), à qui on donne des rôles assez clichés, et que l’on habille au mieux. On a la jolie blonde un peu coincée mais qui veut s’extérioriser, le genre de fille sympa qui fait une héroïne proche des spectateurs, jouée par Emma Roberts (American Horror Story, Scream 4,…). A ses côtés, le beau mec qui fait craquer avec son côté bad boy, c’est Dave Franco (Insaisissables,…). Un couple qui marche à fond, qui a tout pour toucher un maximum de monde, joli choix de casting, même si la prestation d’Emma Roberts fait un peu parfois too much.  A leurs côtés on a Emily Meade en fille extravertie et provocatrice, Miles Heizer en geek timide amoureux secret de la belle, Machine Gun Kelly en gros psychopathe prêt à tout, Kimiko Glenn en super copine toujours là, Brian « Sene » Marc en sportif frimeur, et la plus star du film Juliette Lewis (Strange Days, Une nuit en enfer, Tueurs Nés, Kalifornia,…) que j’aime beaucoup, cantonnée au second rôle de la mère protectrice. Des rôles qui rentrent dans des cases bien définies donc, mais ça marche. D’autant que le film traite aussi de l’amitié réelle, au-delà de tout le virtuel.

On pourrait regretter des ficelles scénaristiques un peu trop grosses, un peu trop de coïncidences et de « oh ben ça alors », une fin que l’on peut sentir venir à des kilomètres, ou une morale un peu trop lourde sur les dangers des réseaux sociaux. Mais le tout fonctionne quand même, et s’avère très divertissant. Je ne suis pas le public-cible d’ailleurs, trop vieux pour ça. Mais le film se laisse voir. Et j’espère qu’il permet au moins de faire se poser de bonnes questions quant à l’identité virtuelle et à la confiance sur le web. Un message d’actualité.

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