Cold Prey

Je ne sais plus trop par quel biais j’en suis venu à m’intéresser à ce film norvégien de 2006, mais bon voilà je me suis retrouvé à regarder ce slasher. On y suit cinq jeunes potes qui vont faire du snowboard dans un lieu très éloigné de tout. Ils sont contraints de s’abriter dans un vieil hôtel abandonné… finalement pas si abandonné que cela. La suite va virer en classiques tranchages, saignées, courses-poursuites, cris de peur, claquements de dents et tout ce qui s’ensuit. Un slasher classique, aux éléments assez traditionnels, mais très bien mené et apportant un petit côté exotique de par son setting norvégien (d’autant plus que la version que j’ai vue est la VO sous-titrée).

Le réalisateur Roar Uthaug (derrière le nouveau Tomb Raider) n’a pas cherché midi à quatorze heures pour son premier long-métrage, et cela fait du bien. Un film ramasé sur 1h30, avec une bonne présentation des personnages (on a tout saisi d’eux et de leurs relations en 10 minutes), et un découpage en 3 actes assez typiques, avec une excellente exposition qui pose tout ce qui a besoin d’être posé, une montée en puissance dans le deuxième acte quand tout part en sucette, et un dernier acte agressif quand les jeunes survivants décident de reprendre la main. Un déroulement très classique de slasher (on sent que le réalisateur a bien digéré le genre), ce d’autant plus que les héros sont une bande de jeunes beaux en forme et cools, et que le méchant est un grand boogeyman baraqué dont on ne voit pas le visage (même si on devine très vite, bien avant la révélation finale, son identité). Le rythme est très bien posé, la progression est bien amenée, les jump scares sont utilisés avec la parcimonie nécessaire. Bref, si on n’a rien de bien novateur là-dedans, le réalisateur a su prendre une recette éculée et la réutiliser dans de bonnes conditions. Il utilise tout particulièrement bien son décor (splendide) où les magnifiques grands plans montagneux finissent par se transformer en éprouvant huis clos dans l’hôtel aux nombreux recoins.

Un slasher vaut aussi beaucoup par ses héros, ceux qui se font massacrer et tentent de résister au grand méchant tueur. On a ici une jolie bande de 5 jeunes sympas. OK, ils sont beaux, athlétiques, intelligents, bref ils ont tout pour eux. En plus les acteurs s’en sortent plutôt bien et entrent dans leurs personnages et l’évolution de ceux-ci. J’ai en particulier bien apprécié les prestations de Ingrid Bolso Berdal (Westworld), Tomas Alf Larsen (aussi à l’affiche d’un autre film de genre norvégien très intéressant, Troll Hunter) et Rolf Kristian Larsen. Le massif tueur n’a que peu de jeu d’acteur puisque masqué quasi en permanence, et c’est dommage qu’il ne soit pas meilleur quand on voit son visage.

Bref, un bon petit slasher très classique mais traité avec beaucoup de maîtrise. Un petit côté pas ordinaire car ne se déroulant pas au Etats-Unis. Un tueur au look pas commun (et le choix de son arme est assez sympa aussi). De jolis plans et des paysages superbes. Des acteurs dans le ton. Bref, un film fort sympathique même s’il n’a rien de bien novateur.

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