Okja

Ce film distribué par Netflix et montré à Cannes a beaucoup fait parler de lui. Déjà parce que justement c’est le genre de film qui aurait pu trouver sa place au cinéma, et qu’il est en plein dans le grand débat du « est-ce que ce qui va direct à la télé peut être considéré comme du cinéma? » Mais pas que pour ça. Okja a de nombreuses qualités, et constitue une belle réussite, même si son message est un peu trop lourd par moments.

On suit ici la découverte d’une nouvelle race de cochon permettant de réduire drastiquement l’empreinte écologique de la production de viande pour lutter contre la faim dans le monde. 26 de ces cochons sont envoyés à travers le monde pour coller aux méthodes d’élevage traditionnelles. En Corée, 10 ans plus tard, le cochon, appelé Okja, est devenu adulte, et Mija, la fille de l’éleveur, y est extrêmement attachée. Seulement Okja n’est pas complètement ce que l’on prétendait qu’il était, et la société qui l’a découvert veut le récupérer. Mija va tout faire pour conserver Okja…

Ce film est une vraie réussite technique. Visuellement splendide, il dispose d’effets spéciaux pas tape-à-l’œil mais donnant une impression très réussie de réalisme à l’animal très bizarre qui en est le centre. On a un film qui offre de magnifiques décors, une jolie maîtrise du rythme, e une capacité à transmettre pas mal d’émotions. On doit au réalisateur Bong Joon-Ho la très sympathique adaptation du Snowpiercer. Ici, on change de registre avec quelque chose de bien plus intime, personnel. émouvant ; même si l’on compte quelques scènes d’action. On ne peut qu’être touché et se sentir proche de Mija, sentir sa compassion et on souhaite tout comme elle libérer Okja. Le spectateur est vraiment plongé dedans.

Devant la caméra, on a la jeune Ahn Seo-hyeon qui livre une prestation assez dingue, mêlant faiblesse et force, et nous transportant dans ses émotions. A ses côtés, pas mal d’acteurs occidentaux avec une belle brochette composée de Tilda Swinton (Narnia, Benjamin Button, Snowpiercer, Dr Strange,…), Paul Dano (Looper, Prisoners, Swiss Army Man,…), ou encore Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Prince of Persia, Source Code, Prisoners, Enemy, Night Call, Life,…), tous dans des rôles hauts en couleurs et marquants. Je connais moins les autres acteurs, en particulier les coréens. mais on retiendra quand même Steven Yeun (The Walking Dead), Lily Collins, Devon Bostick (The 100), Hee-Bong Byun, Giancarlo Esposito (Usual Suspects, Breaking Bad, Once Upon a Time,…) ou encore Shirley Henderson (Harry Potter, …)

Ma principale déception vient de la morale vegano-quasi-extrêmiste un peu lourde et poussée. Trop de pathos tue le pathos. J’ai rien contre les vegans, et je dirais que c’est comme avec la religion : tant qu’ils font leur truc et respectent ma façon de vivre, et qu’on peut causer, je les respecte. Mais là on se sent un peu trop culpabilisé quand même. Je comprends le sens du truc bien entendu, mais je trouve limite un peu lourd. Ceci n’enlève rien à toutes les autres qualités du film, qui reste un très bon moment à passer, mais c’est too much à mon goût quand même.

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