Halloween (2018)

Y’a pas à dire, le film Halloween de Carpenter sorti en 1978 a marqué l’histoire du cinéma, c’est un monument d’épouvante qui a défini bien des codes du slasher. Avec sa mise en scène efficace, son tueur impressionnant et flippant par l’absence de motivations et d’explications (accentué par sa relative invulnérabilité et son masque qui ne trahit du coup aucune émotion), sa musique parfaitement adaptée, ce film est une bombe. J’avoue ne m’être jamais penché sur la palanquée de suites qui sont sorties depuis. J’avais par contre bien aimé le remake par Rob Zombie en 2007. Faisant fi de toutes les suites semble-t-il alambiquées, nettoyant la franchise, un nouveau Halloween est sorti l’année passée, se posant comme une suite directe au film de 78, se déroulant 40 ans après.

40 ans que Michael Myers est enfermé, interné, sans avoir prononcé un seul mot. Après le décès du Dr Loomis, un autre psychiatre reprend le flambeau pour tenter de comprendre cet être profondément malfaisant. En parralèle, un duo d’investigateurs étudie le dossier avec un regard neuf pour eux aussi essayer de mettre une personnalité ou des motivations derrière les actes de Myers. Peine perdue. Myers s’échappe et entame une nouvelle série de meurtres. De son côté, la survivante Laurie Strode a appris à se défendre en vue de ce jour fatidique. Sa fille et sa petite-fille vont se retrouver mêlées à ce combat terrible.

On a ici un film validé par Carpenter qui agit en tant que producteur, mais aussi de compositeur, reprenant sa terrifiante musique originale et nous posant quelques nouveaux morceaux de bravoure. C’est le réalisateur David Gordon Green qui hérite de la lourde tâche de reprendre la franchise en main, et il s’en sort avec les honneurs. Modernisé, remis au goût du jour, le film garde la recette si efficace de l’original et réussit à poser une ambiance franchement réussie. On a le même genre de tension nerveuse, de progression dans l’horreur. La mise en scène sombre et sobre est puissante et réussie. J’ai franchement été surpris en bien. On a une histoire simple, carrée, directe, qui ne cherche pas à se complexifier pour rien, et un scénario qui va à l’essentiel. Le film fait un contrepoids au film de 1978, on a des personnages qui ont évolué suite aux événements, qui ont eu une vie marqués par ce qui s’est déroulé, on a 40 ans qui ont permis de construire ce nouvel affrontement entre deux adversaires implacables. Et c’est cette tension qui se construit tout le film pour se libérer dans un dernier acte brutal. De nombreux événements et scènes du film font écho à celui de 1978, toujours avec un petit twist qui démontre la maîtrise du truc.

Devant la caméra, Jamie Lee Curtis (Un poisson nommé Wanda, True Lies,…) reprend le rôle iconique de Laurie Strode qui a lancé sa carrière. 40 ans ont passé et le personnage s’est construit en prévision de ce moment, de cet affrontement, au point de mettre sa famille en péril. Il y a un petit côté Sarah Connor dans ce personnage féminin fort et badass (d’ailleurs le retour de Sarah Connor dans le nouveau Terminator me fait un peu le même effet), et c’est franchement bon ; de victime survivante par chance il y a 40 ans, elle passe au rôle de combattante traqueuse, prête à tout, paranoïaque. La prestation est impressionnante. A ses côtés on a sa fille sous les traits de Judy Greer (Ant-Man, La Planète des Singes,…) et sa petite-fille sous ceux d’Andi Matichak. Un trio bien posé, des personnages approfondis, trois générations d’une famille subissant toutes l’héritage des événements de 1978. De très bons choix. On a un acteur massif jouant la silhouette de Michael Myers, dont on ne voit pas le visage, c’est le cascadeur James Jude Courtney, qui joue sous la direction artistique poussée de Nick Castle, l’interprète du Myers de 1978 (aui fait un petit caméo sous le masque pour une scène) ; on retrouve ce personnage absolument flippant, cette machine à tuer qui avance implacablement, massif, avec son absence complète de justifications, d’explications, sous un masque effrayant ne trahissant aucune émotion ; tout cela rend le personnage vraiment incroyable. A leurs côtés on a encore Haluk Biginer en médecin complètement accro à l’histoire de Myers et Strode, Will Patton (Armageddon,…) en flic qui en a vu passer, ou encore Rhian Rees et Jefferson Hall (Vikings, Taboo,…) en journalistes spécialisés dans les crimes sordides.

J’ai passé un très bon moment sur ce film. Sans être une copie de l’original, il retranscrit une ambiance qui tient la route et qui y colle. Il développe l’histoire posée il y a 40 ans et en fait une suite tout-à-fait crédible. Dans la même veine. J’ai beaucoup apprécié. Une suite est prévue pour 2020, mais là je crains un peu, le final de celui-ci fermant la boucle entamée en 1978.

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