Rambo – Last Blood

En 1982, John Rambo le vétéran avait de la peine à rentrer du Vietnam et à se réinsérer dans la société. En 1982 on le renvoie au Vietnam tuer du méchant et sauver du gentil. En 1988 rebelotte en Afghanistan cette fois. Puis en 2008 en Birmanie alors qu’on le pensait définitivement rangé au placard. Alors qu’il était rentré peinard à la maison, on le retrouve dans un ranch du Nouveau Mexique profond en 2019, jouant au cow-boy et élevant une fillette dont les parents ont disparus. Bon, le type n’a toujours pas réussi à tirer un trait sur sa vie, sur le nombre non-négligeable de morts qu’il a provoquées et sur tous ces gens qu’il n’a pas pu sauver. Mais il essaye de se racheter une conscience en aidant gentiment son prochain. Jusqu’au jour où la gamine qu’il considère comme sa fille est enlevée par un cartel mexicain, révélant ainsi toute la fureur qu’il tentait de garder au fond de lui… et là ça va chier dans le ventilo.

Quand on repense au premier film, à la seule victime qu’y fait Rambo, au problème d’acclimatation de l’ancien vétéran, à la critique de cette Amérique profonde pas très ouverte, on se dit que les choses ont bien évolué. La saga a clairement viré vers de l’action pure et dure. Et pourtant ici on tente bien, en particulier dans le premier acte, de remettre les pendules à l’heure, de bien redéfinir le personnage, d’aller vers ses traumas profonds, parfois avec des dialogues un peu longuets et qui frisent le trop de pathos. D’autant que ce n’est pas là que Stallone brille le plus. Mais au moins on donne un peu de profondeur au personnage. Avant que le monde ne le rattrape, le forçant à relâcher ce qu’il est, cet animal entraîné à tuer. Il y a un petit quelque chose de Old Man Logan/Logan dans cette mise en situation, et dans la fureur qui s’ensuit. Parce que si la deuxième partie du film donne un peu dans l’action et pousse les choses, c’est dans le troisième acte que sort une violence extrême. Du sang, des tripes, et du démembrement. En quantité. Et parfois un peu trop, parce que franchement quelle utilité de vider des bastos dans le buffet d’un gars qui n’a plus de tête? Alors oui on montre qui est vraiment Rambo au fond. Mais avait-on besoin de cette mise à mort franchement too much et limite ridicule du grand méchant de service? Alors oui on boucle la boucle, on revient à un « c’est pas ma guerre, c’est eux qui l’ont cherché », on termine l’histoire du héros qui avait commencée il y a 37 ans par un « First Blood » que conclut ce « Last Blood » non sans une certaine émotion.

Derrière la caméra, on a Adrian Grunberg (Jack Reacher – Never Go Back) qui réussit à nous poser de très beaux plans. J’aime beaucoup ses images sur le désert, les plans larges, ainsi que ses plans plus resserrés dans les ruelles mexicaines. Je trouve que ses placements de dialogues parfois un peu longs cassent le rythme du film, mais c’est pour donner un vrai travail de caractérisation des personnages. A l’écran, Stallone fait du Stallone, assez monolithique dans ce personnage qui a marqué son parcours cinématographique, un rôle emblématique ; du bourru, du gros dur, du type qui a vécu les pires horreurs, on a un Rambo qui a pris de la bouteille. Il occupe un peu le film à lui presque tout seul, même si à ses côtés on notera les prestations sympathiques de Yvette Monreal en jeune femme touchante et angélique, symbole de la rechute de Rambo, Adriana Barraza (Jusqu’en enfer, The Strain,…) en confidente et conscience du héros, Paz Vega (The OA,…) la jolie alliée, un duo de méchants avec Sergio Peris-mencheta et Oscar Jaenada, ou encore Fenessa Pineda. Des rôles assez archétypiques et clichés pour une histoire classique de vengeance.

Bon, le film ne sera pas une référence. Il ne marquera pas l’histoire du cinéma. Mais je trouve les critiques très vaches quand même, le film est loin d’être aussi mauvais que cela. Certes l’histoire n’a rien de bien créatif, certes les personnages sont assez clichés, certes le Mexique semble se résumer à un amas de dealers et autres membres de cartels, certes la violence ultra-présente et ultra-graphique en fait un peu trop… Mais on tient là une très belle conclusion à la saga Rambo, bouclant la boucle de ce personnage (et de ce qu’il est devenu au fil des films, puisque l’auteur du roman d’origine a de la peine à y retrouver son personnage). Il y a de bonnes idées et surtout une réalisation qui tient la route avec des plans très réussis. Il a son lot de défauts certes, mais j’ai quand même bien apprécié. Attention par contre, c’est déconseillé aux âmes sensibles et aux plus jeunes ; les thèmes abordés et l’ultra-violence en font un film très adulte et très dur.

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