Le petit Nicolas

Hier, c’était l’avant-première du Petit Nicolas au ciné. On est donc allé voir ça avec mon fils, grand fan des bouquins.

Un petit mot rapide donc pour resituer. le Petit Nicolas, ce sont des histoires de Goscinny illustrées par Sempé contant les aventures de Nicolas et de ses potes. Des personnages attachants, un langage d’enfant pour raconter tout cela à la première personne, on est vraiment dedans et c’est très fin… et très drôle.

Le film était très attendu. Le Petit Nicolas, c’est quand même tout un pan de culture française. Et franchement il est à la hauteur. Sur 1h30, on retrouve plusieurs sketchs qui sont pour la plupart des adaptations de passages des histoires d’origine. Le tout emmené sur un fil rouge qui porte le film et qui n’a jamais trouvé sa place dans les histoires de Goscinny, à savoir l’invasion de la vie de Nicolas par un petit frère ; après avoir perçu quelques indices, le voilà persuadé que cela va arriver, et vu comme c’est présenté par ses potes, il ne s’en réjouit pas. Bref, de ce quiproquo va naître une histoire touchante mais surtout très drôle. On colle extrêmement bien au texte et à l’ambiance des livres. Si vous avez aimé les histoires, vous aimerez le film. Le même humour justement, puisque pas mal de bouts sont repris des livres, comme je le disais. Alors oui, pour ça, rien de fondamentalement novateur. Nicolas et ses potes, toujours prêts à aider et de bonne volonté, finissent régulièrement par provoquer les pires catastrophes et se retrouvent à la source de conneries sans nom. Encadré par une héritière Goscinny, avec entre autres Alain Chabat aux dialogues, on pouvait s’y attendre : la rigolade est garantie.

Le film tient sur les épaules d’une série d’acteurs qui s’y collent à fond. Citons pour commencer les numéros de Kad Merad et Valérie Lemercier, à la limite du cabotinage où on les laisse dériver parfois (une pensée pour la séquence de début, sportive, et celle de fin, de Kad), mais toujours justes et dans le ton, parfaits dans les rôles des parents de Nicolas et supports à eux seuls de bien des moments comiques. Sandrine Kimberlain, géniale en institutrice dépassée par une classe indomptable. François-Xavier Demaison jubilatoire en Bouillon fou furieux. Et puis y’a les enfants, le coeur du film. A commencer par Nicolas, tenu par le fabuleux Maxime Godard ; adorable, mignon comme tout, à croquer, on lui donnerait le monde pour un sourire, mais alors responsables aussi de catastrophes incroyables ; touchant, prenant, poignant, drôle, il incarne très bien le Petit Nicolas, et franchement c’était pas gagné. Mais le reste de la bande est à la hauteur aussi. Agnan juste tête à claques comme il faut. Alceste et ses grignotages et ses remarques culinaires permanentes. Clotaire si parfait en dernier de classe toujours puni. Ah, que du bonheur avec ces petits. Les archétypes des bouquins sont très bien rendus.

Mais le film n’est pas que drôle. Il est franchement émouvant et touchant. Déjà Nicolas et ses parents… qu’ils sont bien ensemble (enfin, quand Nicolas ne fait pas une énorme connerie méritant une punition). Et puis l’amitié indéfectible entre tous ces gamins, du moment qu’ils ne s’engueulent pas pour se mettre des claques. Mais y’a toute l’attitude par rapport au bébé à venir aussi. ; alors, oui, peut-être suis-je particulièrement touché en allant voir ça maintenant, avec mon fils, et tout. Mais en tout cas c’était vraiment émouvant. Craquant.

Un grand moment donc, une excellente retranscription de ces textes. Probablement que l’on aura, comme dans la plupart des cas d’adaptations ciné, des intégristes qui crieront au massacre de l’Oeuvre. Question d’habitude. Mais je doute que l’on ait pu faire mieux pour passer le Petit Nicolas au ciné. ET franchement c’était un moment génial.

SI en plus ça peut amener d’autres gamins à découvrir le Petit Nicolas, et à la lecture du coup, c’est un grand plus…

En tout cas, allez le voir, en famille… Et laissez-vous emporter dans ce monde à la fois drôle et touchant.

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