Buried

Alors là, ça claque. Ce Buried est tout simplement une superbe performance de cinéma. On en connaît des scènes d’enfermement/enterrement vivant, films et séries en ont toute une série. Mais de là à en faire tout un film, il fallait oser. Parce que oui, on passe 1h30 enfermés sous terre dans ce cercueil avec le pauvre type qui y est. Pas d’autre décor. Pas d’autre acteur. Rien. Le type est un chauffeur pour contractant privé américain en Irak enlevé et enfermé là-dedans. Avec un zippo. Et un téléphone cellulaire dont la batterie est à moitié vide (et qui permet quand même des interventions extérieures mais uniquement vocales, pas un seul plan au-dehors). Du début à la fin du film, on ne voit que l’intérieur du cercueil. Sur le papier, ça peut sembler chiant comme la mort et le genre de truc à tourner en rond bien pénible. Eh bien pas du tout. C’est une petite tuerie que ce film. Au passage, comme le pitch l’indique, c’est un film complètement déconseillé au personnes claustrophobes ; mais alors complètement de chez complètement.Parce que moi je ne le suis pas, et bien j’ai joliment flippé tout seul dans le noir devant mon écran. Parce que oui pour tirer le meilleur parti de ce film, il faut le voir dans des conditions bien adaptées (et du coup j’ose pas imaginer sur grand écran).

Paul se réveille donc en même temps que les premières lumières du film dans une boîte en bois. Un peu à l’étroit, les mains ligotées, il découvre vite que le poids au-dessus de la boîte signifie qu’il est enterré. Il trouve aussi un zippo. Et un téléphone portable. Très vite, la sensation d’étouffement, de stress, de pression, de claustrophobie, va s’établir. C’est fort, puissant, le spectateur est pris aux tripes. De là on passe 1h30 à souffrir avec Paul. 90 longues et dures minutes. Le film est dur, prenant, trippant. On vit ses épreuves avec Paul, on s’énerve, on jure, on stresse avec lui.

Prouesse technique, le film ne fait jamais tomber dans l’ennui. On enchaîne des plans divers. Les positions de caméra sont très variées, et les mouvements nombreux, ce qui permet de ne pas rester prostré. Les mouvements et leur vitesse s’accentuent avec le stress. Le film alterne d’ailleurs particulièrement les périodes plus sobres et calmes pour respirer avec des périodes de tension intenses, dont la puissance va aller crescendo pendant tout le film. Avec un très bon travail sur la lumière (briquet, téléphone,…), l’ambiance est magnifiquement rendue.

Un très grand bravo aussi à Ryan Reynolds qui livre là une magnifique performance d’acteur. Le film tient littéralement sur ses épaules puisque c’est la seule personne que l’on voit (les seules autres interventions étant téléphoniques). Sa prestation superbe rend parfaitement la tension et les émotions qui sont la force de ce film. Colère, dépit, désespoir, haine, espoir, tout y passe. Et le plus souvent en gros plans, des cadrages très serrés qui rendent hommage à la situation de claustrophobie mais qui forcent l’acteur à être très juste. Une très grande réussite qui permet de rendre le film aussi bon.

Et puis Buried ne serait pas ce qu’il est sans le son. Bruits et silences, une alternance terrifiante ; au point que le seul son du vibreur du téléphone rend complètement fou. Et une musique qui colle très bien elle aussi, pleine de tension encore.

Véritable pari fou, défi de malade, Buried est une très belle réussite. Prenant à souhait, angoissant, bourré de suspens jusqu’à la dernière minute (eh non, on ne dévoilera pas la fin qui justifie à elle-seule le visionnement), ce film est une très belle surprise pour quelque chose qui s’annonçait comme plat sur le papier. On notera que Buried se permet même une critique sociale acerbe (administration publique et compagnie privées y passent à la moulinette, ah ce dialogue avec la firme de Paul, terrible). Superbe! Eteignez les lumières, mettez le volume à coin, et installez-vous confortablement… quoi, vous enfoncez dans votre canapé en regardant ces images? mais non vous n’êtes pas enfermé avec lui. Pas vraiment. Quoique…?

3 réflexions sur « Buried »

  1. ah ben moi il y a un truc que j’ai trouvé insupportable: pourquoi il utilise constamment son zippo alors que quand il est au téléphone la lumière de ce dernier pourrait éclairer un stade?

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