Eden Lake

edenlakeUn coin de campagne perdu et idyllique, un beau couple qui s’y installe pour un week-end en amoureux, une bande de gens pas très civilisés qui s’en prennent à nos amoureux, et le tout qui dégénère quelque peu vers une violence crue. Un setting assez classique des slashers, je vous l’accorde. Mais posez le lieu au fin fond de l’Angleterre avec les habitudes et surtout l’accent du coin, et déjà ça change un peu. Mettez un couple non pas de jeunes ados mais plutôt de bons trentenaires établis. Transformez les habituels vieux fous rednecks en bande d’ados locale qui fout la merde. Et vous obtenez un film qui a son cachet et sait se démarquer dans la palanquée de slashers classiques. La femme du couple est maîtresse d’école, elle tente d’avoir les meilleurs rapports possibles avec ces enfants, soigne l’éducation qu’elle donne, et sa confrontation avec une bande de sales jeunes complètement à l’ouest à qui personne ne peut/veut/ose rien dire, ça va la secouer quelque peu. Cet élément de fond, ajouté au reportage radio sur les jeunes d’aujourd’hui et leur violence, donne un fond assez intéressant au film. Si l’on rajoute le fait que le réalisateur maîtrise bien son truc, on obtient au final un film de qualité. Prenant, haletant, tendu, violent, dur, et bien foutu. Avec un final agréable qui prend une tournure assez folle.

Derrière la camera, on a James Watkins, dont c’est là le premier long métrage, et à qui on doit depuis la très sympathique Dame en Noir (ainsi que le scénario de The Descent part 2). On sent que le monsieur connaît le dossier et la matière, en grand fan de films d’horreur, il sait de quoi il parle. Et on sent dans Eden Lake un vraie digestion de tous les classiques et poncifs du genre pour en faire quelque chose d’un peu plus personnel. La composition des acteurs joue aussi beaucoup pour rendre ce films. Avec dans le rôle de la très jolie femme du couple Kelly Reilly, géniale. A ses côtés, pour les yeux plus attirés par l’autre sexe, ce sera Michael Fassbender. Un couple super glamour, des gens beaux et biens, interprétés par de très bons acteurs. On prend un petit moment pour s’intéresser à eux, on pose bien leur situation avant que leur week-end ne parte en sucette, et du coup le spectateurs peuvent s’identifier à eux et ressentir leur souffrance et leur enfoncement dans le statut de victime. La bande de jeunes, emmenée par un incroyable et survolté Jack O’Connel, est vraiment flippante, avec différentes variations, différentes tonalités. Et puis bon il y a aussi les décors. Avec de très bonnes prises de vue alternant entre la beauté des grands espaces et la claustrophobie au cœur de la forêt. La tension s’immisce super bien dans ces plans de qualité. Et le tout est bien rythmé.

Un très bon film de genre, dans la ligne de slashers de qualité, qui emprunte à ses aînés tout en mettant sa touche personnelle dans la recette. Le résultat est vraiment bon.

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