Prophets of Rage

Si je devais faire un top des albums ultra groovy, cette première galette éponyme des Prophets of Rage y tiendrait une place de choix. Bon, il faut dire que l’équipe en question s’y connaît en rythmes et riffs qui passent bien. La partie instrumentale est tenue par les ex-musiciens de Rage Against the Machine et Audioslave (d’ailleurs l’album est dédié à feu Chris Cornell). Les voix sont tenues par des MCs issus de Cypress Hill et Public Enemy. Avec en plus le DJ de Public Enemy. Un groupe de gens qui savent ce qu’ils font donc, d’artistes confirmés et pas dénués de talent.

On est très vite en territoire connu avec les lignes de Tim Commerford et Brad Wilk, qui forment l’un des duos rythmiques les plus solides. Tout de suite, le groove passe et on a envie de bouger. Les parties de guitare de Tom Morello viennent se poser dessus avec toujours autant de justesse, jouant toujours des mêmes effets. Le style est reconnaissable entre mille et c’est de la bonne came. Quand les deux voix, elles aussi reconnaissables à des kilomètres à la ronde, viennent poser leur flow là-dessus, les titres prennent une vraie ampleur. On est aussi énervés et remontés que sur le Rage de la grande époque ; leurs premiers shows ont pendant un bon moment été l’occasion de faire surtout des reprises de RAtM d’ailleurs, avec l’accord de Zch de la Rocha. Il faut dire que le groupe a été monté dans une sorte de processus de révolte contre la campagne amenant à l’élection de Trump et la direction générale prise par notre monde et notre société. Les textes sont engagés, colériques, dénonciateurs, agressifs, et la forme s’adapte au fond. D’ailleurs, comme le dit Morello : « We’re not a supergroup, We’re an elite task force of revolutionary musicians determined to confront this mountain of election year bullshit, and confront it head-on with Marshall stacks blazing. »

Les titres parlent d’eux-mêmes : Radical Eyes, Unfuck the World, Legalize Me , Living on the 110 (sur les SDF), Hail to the Cief, Strength in Numbers, Who Owns Who, Hands Up,… 12 morceaux alignés en moins de 40 minutes, c’est du brut qui va direct à l’efficacité. La plupart des morceaux donnent dans le gros son, les riffs qui claquent et l’envie de sauter dans tous les sens en hurlant des refrains révoltés. Mais certains titres baissent un peu le ton et se font plus doux (sans être dans la berceuse non plus), avec des tonalités plus funky (genre Living on the 110).

C’est un très bon album. Un son qui claque, un bon remontant, une dose d’énergie pure. J’aime beaucoup. Et je recommande.

 

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