Jason Bourne

Quand un studio hollywoodien a une bonne franchise à la recette éprouvée et qui fonctionne, que les sous rentrent dans le portemonnaie, il a un chouilla tendance à tirer dessus jusqu’à user un peu le truc. La franchise Jason Bourne est de celles-là. Sur la base du bouquin de Ludlum datant de 1980, après le téléfilm fort sympathique de 1988, le truc a été relancé avec brio en 2002 (puis 2004 et 2007) avec une trilogie vraiment agréable. En 2012, erreur tactique, on enrichit la saga d’un quatrième opus (Jason Bourne : l’héritage) sans Jason Bourne/Matt Damon. En voulant ouvrir le truc  plus largement, en voulant mettre en avant un autre super-agent (interprété par le sympathique Jeremy Renner que l’on retrouve dans Avengers, Hansel et Gretel, Démineurs ou Mission Impossible), les gars se sont perdus en route, nous proposant un foutoir et un bordel ambiant par gérable ; peu compréhensible, capillotracté, le film ne m’avait guère emballé. 2016 a signé le retour de Matt Damon en Jason Bourne pour relancer la franchise, avec toujours Paul Greengrass (réalisateur des opus 2 et 3) derrière la caméra.

On retrouve avec plaisir ce mélange d’intrigue, espionnage, complotisme et action qui a fait le succès des trois premiers films. Alors certes en voulant aller toujours plus loin, on rajoute encore des couches de complot et de manipulation, mais le résultat est bien plus lisible que celui du 4ème film. Finalement le scénario n’a rien de complètement transcendant, et on est bien là pour l’action à l’état pur avec des bastons, du gunfight, des poursuites (avec ou sans véhicules). Le tout très bien filmé et mis en valeur. On se retrouve dans la même ambiance « à la Bourne » avec un réalisateur qui sait ce qu’il fait. A noter un peu la modernisation du truc puisque l’on est dans le sujet de l’espionnage à grande échelle, des réseaux sociaux, et ce genre de chose ; d’actualité donc.

Le casting nous permet de retrouver Julia Stiles, c’est assez agréable de mettre ainsi de la continuité. J’ai aussi eu le plaisir de voir à l’écran Tommy Lee Jones, une vraie gueule comme je les aime, avec un rôle de salaud fort agréable. Gros antagoniste de service, on a Vincent Cassel, mins convaincant quand même. On a aussi Alicia Vikander (future Lara Croft) ainsi que Riz Ahmed (The OA, Rogue One), avec des prestations assez sympathiques.

Un film sympathique donc, qui se laisse regarder comme bon blockbuster d’action bien rythmé. Il n’apporte rien de franchement novateur au truc mais il fait le job. J’en attendais davantage vu la qualité des trois premiers films ; le retour du duo Greengrass/Damon laissait espérer un vrai gros truc. Alors même si on n’est pas au niveau de ceux-là, on a quand même un film d’action qui est dans le haut du classement des blockbusters de sa catégorie actuellement. Un sixième film de la franchise réunissant Damon et Renner est d’ores et déjà au programme ; à voir si il parviendra à transcender un peu le truc et à rajouter un vrai plus.

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