Conan

L’année passée, Hollywood s’est entiché d’un remake de Conan le Barbare. Ou d’un nouveau film basé sur le héros de Howard. Ou de reprendre un truc à succès. Bref, ça a été le retour du plus connu des Cimmériens sur grand écran. Difficile de ne pas repenser au film avec Schwartzie qui a marqué mon enfance ; je ne l’ai pas revu depuis un moment, juste une ou deux scènes qui n’ont pas toujours bien vieilli. Des années d’effets spéciaux sont passées par là. Bref, ce film reprend quand même les principaux ingrédients du premier, davantage que les ingrédients propres aux nouvelles de Howard. J’ai quand même l’impression que l’on se rapproche ici un peu plus du matériau d’origine, mais on en reste loin malgré tout. Conan reste un personnage plsu profond que ces diverses adaptations cinématographiques ne le laissent penser. Il passe finalement toujours pour un pur gros barbare uniquement. Il l’est, certes, mais pas que. J’avais découvert cela en relisant il y a quelques temps une partie des nouvelles en question.

Cette version de Conan au cinéma reprend des aspects du héros et de ses aventures qui passent bien. Son aspect solide, sa puissance, la force brute qui ressort de lui. Mais aussi sa vision des femmes et son attitude avec elles. L’aspect brutal et sanglant. On regrettera sa peur de la magie, pas assez mise en évidence. On ne retrouve pas non plus l’aspect de valeur, de graduation entre les races. On perd un peu de la saveur (qu’on aime ou pas) des récits du Cimmérien.

Le film en lui-même pourrait très bien se passer de la caution « Conan » et rester un film d’aventures et de baston pour cerveau ayant besoin de se reposer. Le point « Conan » n’est pas central à l’histoire et on pourrait coller cela sur un autre héros sans problème. On est là dans le film à licence pour faire parler et faire vendre. Et on est dans le gros blockbuster qui dépotte. Comme je le disais, pas besoin de se triturer les neurones pour suivre l’histoire. Notre héros vole de baston en combat, contre des adversaires de plus en plus puissants, pour sauver une princesse dont il est amoureux et accessoirement sauver le monde d’une terrible menace. De ce point de vue-là, on est plus dans le MacGuffin que dans le truc de fond bien profond. L’important n’est pas dans le but, mais plutôt dans les aventures pour y arriver. Et des aventures, il y en a. On retrouve au programme des bastons pleines de sang qui gicle (le réalisateur Marcus Nispel nous a déjà gratifié de trucs bien sanglants genre les remakes de Massacre à la Tronçonneuse ou de Vendredi 13) avec de beaux ralentis pour montrer les muscles du héros (interprété par le sympathique Jason « je plais aux filles » Momoa, abonné aux rôles de barbares solides avec Game of Thrones). On a des monstres (mais pas trop horribles non plus). Des scènes d’action (genre fuite alors que tout s’écroule). On a des filles au corps bien mis en évidence (aussi bien la gentille Rachel Nichols que la méchante Rose McGowan). On a un méchant très méchant et cruel et vicieux et sadique (ah oui, quelle belle mort pour le père de Conan, sous les traits de Ron Perlman). Héroïsme, paysages grandioses (à noter toutes les ruines, preuves des civilisations anciennes, qui tentent de donner la profondeur de l’univers d’Howard), tout y est pour faire du vrai film d’aventures. Un bon gros spectacle. Du pur divertissement hollywoodien pour se défouler. Dispensable, mais honnête.

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