Sea of Clouds et Mafia de Cuba

tumblr_o4o4eookVE1sfwcsio1_1280Oulalah, le temps file et je me rends compte de tous ces jeux dont je ne vous ai pas parlé. Alors hop c’est parti aujourd’hui avec deux jeux très sympas, plein de pirates et de mafieux, quelle belle ambiance, n’est-ce pas?

Sea of Clouds

Il ‘agit là d’un jeu du jeune et fringuant Théo Rivière, illustré par le talentueux Miguel Coimbra, et sorti cette année chez Iello (et que j’avais ramené en avant-première avec une dédicace du Festival de Cannes). On y prend le rôle de capitaines de bateaux pirates. Mais de bateaux volants qui vont d’île volante en île volante pour piller et parfois se bastonner afin d’avoir le maximum de renommée à la fin. Donc chaque joueur se munit de son petit plateau personnel qui lui permettra d’organiser correctement toutes ses cartes en cours de partie et on place le bateau compte-tours sur la première île du plateau central. Sous ce plateau, on met au hasard trois cartes de la pioche face cachée, sur les trois emplacements de parts de butin. A noter que le dos des cartes n’est pas toujours identique et indique la catégorie des cartes. Car oui il y a là-dedans des objets divers, des reliques, du rhum, des pirates et quelques petites surprises.

Le premier joueur va secrètement regarder la première part de butin. Si elle lui convient, il la garde et on la remplace depuis la pioche. Si elle ne lui convient pas, il la repose, met une carte de la pioche dessus, et tire la deuxième part de butin. Il a le même choix, peut donc aller chercher la troisième part ; et si celle-ci ne convient pas il peut tirer la première carte de la pioche. A chaque tour où une part de butin n’est pas prise, elle se voit donc augmentée d’une carte (maximum 3, après on lui ajoute des sous), ce qui la rend théoriquement plus intéressante (ça me fait pas mal penser au choix des peuples dans Smallworld). Une fois qu’un joueur prend une part de butin (composée donc de 1 ou plusieurs cartes, et potentiellement de sous), il positionne ses nouvelles cartes autour de son plateau (face visible ou cachée selon lesquelles), joue certains événements immédiats tirés, et améliore donc son trésor.

Après que chacun a pillé une île, on passe à la suivante, on change de premier joueur et hop. Après avoir pillé certaines îles (indiquées sur le plateau), on se castagne. C’est-à-dire que l’on vérifie le total de puissance de nos pirates, que l’on compare à nos voisins de droite et de gauche, et je gagne si j’ai un meilleur score tout simplement. Les effets de la victoire dépendent des pirates dont je dispose, pirates qui sont ensuite défaussés à la fin de la baston.

On continue ainsi jusqu’à avoir pillé la dernière île et là on regarde les points. Ceux-ci peuvent provenir d’objets tout simples, mais aussi de la thune dont on dispose, ou encore de collections d’objets (plus tu en as d’une collection, plus tu marques de points). Simple, quoi. Et efficace. Alors bon il faut aimer le genre, il faut supporter le hasard et accepter de perdre par simple manque de bol. Mais on trouvera quand même une certaine dose de tactique, et il faudra savoir s’adapter aux circonstances et aux cartes composant les butins. Et puis bon, le jeu est juste superbe. Boîte, plateaux individuels, cartes, les illustrations magnifiques aident à donner du plaisir.

tumblr_o4nxb0MdMJ1sfwcsio1_1280Mafia de Cuba

Sorti en 2015 chez Lui-Même (éditeur des fameux Loups-Garous de Thiercellieux), ce jeu est écrit par Philippe des Pallières (Les Loups-Garous mais aussi La Guerre des moutons) et Loïc Lamy. Alors on ne va pas y aller par quatre chemins, on retrouve un feeling Loups-Garous, avec ce jeu à rôles secrets, à base de bluff, de négociations, de coups dans le dos et de tchatche (difficile de ne pas relever l’héritage quand même). Mais Mafia de Cuba a bel et bien sa propre identité et son style à lui. Le jeu se joue de 6 à 12 (plus on est de fous plus on rit), et ses courtes parties lui donnent un air de reviens-y. L’un des joueurs va prendre le rôle du parrain Don Allessandro qui offre un repas à ses fidèles, tous attablés autour de lui. Don Allessandro doit s’absenter un moment, laissant sa boîte à cigares à ses sbires ; celle-ci contient en particulier des diamants et les sbires vont faire tourner la boîte, certains vont voler, d’autres se révèleront fidèles. Le parrain devra ensuite enquêter en interrogeant ses fidèles afin de retrouver ses diamants.

On notera très vite que tout est fait pour nous plonger dans l’ambiance. La boîte de jeu est directement la fameuse boîte à cigares du parrain, et elle sera utilisée tout au long du jeu. On disposera dedans des diamants et une série de jetons donnant des rôles. Le parrain va commencer par regarder dans la boîte, pouvant y prendre quelques diamants puis il la passera à sa gauche. Chacun va à son tour ouvrir la boîte et discrètement y prendre soit des diamants (autant qu’il le souhaite), soit un jeton pour endosser un rôle spécifique. Quand la boîte lui revient, le parrain en vérifie le contenu et va tenter de retrouver les petits salopiauds qui ont tenté de le voler. Il peut interpeler n’importe quel autre joueur, lui poser des questions, il va falloir vérifier les réponses, faire des corrélations, et découvrir qui ment et qui a pris quoi.

A tout moment, le parrain peut accuser quelqu’un de l’avoir volé. S’il a raison, le voleur rend les diamants et est sorti du jeu. Sinon le parrain peut utiliser un jeton joker (il en a peu, le nombre dépendant du nombre de joueurs). S’il accuse quelqu’un qui n’a pas volé et qu’il n’a plus de joker, la partie est terminée ; à ce moment-là, le voleur le plus riche l’emporte. Le parrain, ainsi que tous ceux qui ont pris un jeton de « fidèle », gagnent s’il retrouve tous ses diamants. Il peut y avoir 1 ou 2 agents infiltrés (FBI/CIA) ; ceux-ci gagnent automatiquement s’ils sont accusés. Le chauffeur, lui, gagne si son voisin de droite gagne.

Mafia de Cuba est un jeu d’ambiance, de fourbe, de mensonge, de bluff, de fausses accusations, de tchatche, d’improvisation, de paranoïa. Il ne conviendra pas à tout le monde, mais à moi il m’a beaucoup plu. On s’amuse bien, et la mauvaise foi de certaines parties est vraiment énorme. Si vous appréciez les Loups-Garous, The Resistance, Petits Meurtres et Faits Divers, et autres jeux de cet acabit, alors Mafia de Cuba est fait pour vous.

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