The Constant Gardener

Et voilà, encore un film de gauchistes écolos…

Dans ce film, on va suivre Justin Quayle (Ralph Fiennes, en très grande forme), diplomate prudent, beau et charismatique. Il va rencontrer la jolie Tessa (Rachel Weisz, très bien aussi). Ils vont tomber amoureux, se marier. La belle vie quoi. Elle est moins prudente et discrète que son mari. Activiste, révoltée, et très grande gueule, elle va très vite se faire remarquer. Tous deux s’installent en Afrique, au Kenya, quand Justin y est dépêché. La rencontre avec les autochtones, l’aide au développement, la lutte contre le SIDA, le rapprochement avec les gentils enfants du coin, tout est au rendez-vous pour une superbe carte postale… Jusqu’au jour où Justin apprend que Tessa est morte, assassinée avec son chauffeur africain sur une route à l’autre bout du pays. Stupeur et incompréhension. Les éléments vont s’accumuler, et voilà notre diplomate plongé au sein de tractations et manipulations entre gouvernements pourris et sociétés pharmaceutiques sans coeur.
De superbes paysages, des prises de vue grandioses, entre Kenya et Angleterre (essentiellement). Le film est très visuel avec ses couleurs agréables et ses plans réussis. Avec la brochette d’acteurs qui mène ce bal de main de maître, il n’y a pas à se plaindre. En bref, c’est très agréable à regarder. Bon, on notera parfois quelques longueurs. Il y a de l’action, mais peu au final. Et certains apssages auraient mérité un meilleur découpage… Ou alors j’étais trop fatigué le soir où je l’ai vu (ce qui n’est pas improbable vu que j’étais rentré très tard la veille au soir).
Mais surtout The Constant Gardener est un véritable brulot contre la main-mise et es actions répréhensibles de compagnies pharmaceutiques dans les pays en développement. Bien qu’il y ait un aspect très manichéen là-dedans, on n’a pas affaire à un truc rapidement mené. On a plutôt cette impression d’une croisade impossible contre des moulins à vent en acier trempé gardés par des galeries de mitrailleuses lourdes ; le combat impossible. La dénonciation d’un truc trop gros pour être anéanti. Et dans ce sens le film est dur, très dur. La fin en particulier laisse un goût amer avec une semi-victoire laissant en trame de fond des pratiques intenables s’exécuter encore. Qui a dit « réaliste »?
Ce film est tiré d’un bouquin de John Le Carré, réputé pour ses romans d’espionnage dont la documentation est son propre passé d’espion. Du solide quoi, pas du trop grand n’importe quoi. On appréciera donc le propos du film avec tout le réalisme qu’il peut y avoir derrière. Même s’il ne s’agit que d’un film, une fiction, un truc romancé. Mon esprit de gauche, anti-néolibéralisme, anti-capitalisme à outrance, et bien vert, a été séduit il est vrai. Un tout bon moment de cinéma…

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