Rome, saison 1

Enfin j’ai trouvé le temps de regarder la première saison de Rome, du bon du lourd…

Bon j’avais de très hautes attentes. Déjà c’est du HBO, donc on en attend beaucoup parce que leurs séries sont globalement très solides. Et puis j’en ai tant entendu au sujet de Rome que la barre était vraiment placée très haut. Je n’ai pas été déçu.

Cette saison raconte donc quelques années de la cité, depuis la fin de la Guerre des Gaules jusqu’à la fin de César. Enfin, je dis « raconte », je n’ai pas la prétention de dire que c’est la réalité historique qui nous est montrée. Ceci est une fiction, c’est adapté bien entendu. Je ne connais pas assez la période pour en dire ce qui est juste historiquement ou pas ; disons juste qu’à vue de nez ça a l’air pas mal documenté. mais il ne s’agit pas non plus d’un documentaire ultra rigide et les orthodoxes du pur historique grimperont probablement aux rideaux. Reste que la série a de la gueule. Déjà rien que parce que ça nous change de la vision des habituels péplums sur la période. Ici Rome n’est pas surbrillante proprette, c’est sale, y’a des coins très sombres. On sent le « réaliste » (en tout cas bien plus que dans la plupart des représentations de l’Antiquité au ciné ou à la TV), le truc qui se tient et qui est crédible.

Sur ces décors solides vient donc se greffer une histoire pleine d’intrigues, de mensonges, de coups tordus, de sang, de violence, de sexe, de manipulation. Dans ce conflit pour le pouvoir, tout est bon pour garder sa place, pour monter les échelons, pour se trouver du côté du vainqueur ; et quand le vainqueur potentiel change, les changements d’allégeance sont nombreux. C’est vache, vicieux, cruel. Rien ne nous est épargné. D’ailleurs j’en profite pour dire que c’est pas super conseillé aux âmes sensibles, certaines scènes étant plutôt « crues ». Mais que c’est bon. Ces intrigues et ces manipulations sont réellement superbes et monstrueuses de sordide.

Et puis bon y’a les personnages, qui sont la grande force de la série. Toute une galerie de gens superbes. Pour commencer, rendons-lui ce qui lui appartient, César est grandiose. Hautain, puissant, charismatique, leader solide et aguerri, qui passe du grand sourire à la colère et sait se composer pour chaque situation. L’histoire passe essentiellement par deux personnages qui ne sont pas tout en haut, des légionnaires qui vont se retrouver au coeur des intrigues de Rome, souvent à l’insu de leur plein gré, et qui vont déclencher pas mal de choses. Titus Pullo, c’est le gros bourrin de service, un guerrier puissant pas toujours très futé et qui vit sans penser au lendemain ; brutal, direct, (trop) franc, Pullo est le symbole du petit qui se fait embarquer dans les histoires des grands sans trop comprendre, un personnage extraordinaire dont l’évolution psychologique est parfaite. A ses côtés Lucius Vorenus, un peu plus gradé, lui sait des choses, il est plus fin il sait tenir son rang, se taire, il pense en termes politiques, il est idéaliste, il aime sa femme et ne court pas la gueuze ; le contraire de Pullo mais leur amitié si forte va devenir le centre de bien des aventures. Je vais encore parler de Marc Antoine, hautain, snob, juste insupportable comme il faut, magnifique. Brutus aussi, superbe avec ses choix moraux et ses indécisions. Octave, jeune homme soumis à une pression incroyable, capable de penser le pire comme le meilleur, manipulateur, exceptionnel.  Et les femmes ne sont pas en reste. La magnifique Atia et la belle Servilia font de véritables manipulatrices absolument terribles, capables de tout et usant de tout un attirail de moyens pour parvenir coûte que coûte à leurs fins. Octavia, qui souffre et qui déguste, tentant de se préserver au milieu de cette folie. La superbe Niobe qui tente de maintenir en place son ménage et de préserver son mari. Et tant d’autres encore… Au final, nombre de personnages attachants, prenants, ni totalement blancs ni totalement noirs mais tous avec leur part d’ombre et de lumière. Et cela fait la grande force de la série…

Au final donc, une série prenante, géniale, solide, qui prouve que l’historique peut être romancé de fort belle manière. Une fiction placée dans un cadre précis. Magnifique… ENcore une fois un coup de chapeau à HBO

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