The Cabin in the Woods

Et voilà un film fort sympathique. Ca commence comme un de ces grands classiques, un vrai hommage à Evil Dead en passant, avec le groupe de djeunz qui vont passer un week-end dans une cabane perdue au fond de la forêt pour s’amuser. Il y a la blonde bimbo de service avec son mec le super sportif de l’équipe. La copine de la blonde, intello et plus prude. Le super pote de toujours, fumant des pétards tout au long de la journée et un peu jeté. Et puis le pote du sportif qui vient d’arriver en ville. Quelle belle brochette de clichés! Ils vont donc dans un coin reculé, rencontrent un pompiste redneck angoissant, et trouvent la cabane qui a l’air pas en très bon état, au cœur de la forêt, avec un lac à proximité. Sous la cabane, une cave pleine d’objet un peu particuliers, dont un journal avec une formule en langue ancienne qui fait frissonner. Que du classique! Mais tout cela est entouré de petites scènes nous indiquant qu’il y autre chose, qu’un truc en plus se déroule, et même un truc qui se précise gentiment au fur et à mesure. Et c’est là toute la magie de ce film qui ne va pas s’arrêter au seul survival gore en forêt avec massacre des djeunz un par un ; ça c’est le deuxième tiers du film, lui aussi émaillé de scènes nous précisant de plus en plus ce qui se passe autour de la cabane. Et puis arrive ce fabuleux troisième tiers du film, où les deux parties vont se mêler étroitement dans un superbe délire.

On sent dans ce scénario tordu la patte de l’ami Joss Whedon. certes il n’a pas réalisé le truc, mais il est derrière l’écriture et la production, et franchement ce type est bourré de bonnes idées. Il l’a écrit à quatre mains avec le réalisateur Drew Godard (qui a travaillé au scénario de trucs sympas genre Buffy, Lost, ou Cloverfield, mais qui signe ici son premier film en tant que réalisateur). Ce film prend con les bases d’une recette classique et toujours efficace quand elle est bien tournée, et tord le concept pour en faire quelque chose d’autre. Finalement, le switch aux deux tiers du film est un peu comme celui du milieu de From Dusk Till Dawn, où on passe d’un genre à un autre par une rapide et habile transition. Certes on voit venir ce switch, et même la révélation finale n’est pas complètement une claque car on la sent venir dpeuis un bon moment. Les indices semés au cours du film permettent de pouvoir se bâtir une idée de ce qui s’y trame, juste pour voir cette idée confirmée à la fin. Il reste quand même cette toute dernière scène du film, cette dernière image qui laisse un magnifique arrière-goût de reviens-y.

Au-delà de ce scénario bien foutu et bardé d’idées de qualité, on retrouve de nombreuses qualités dans ce Cabin in the Woods. La manière dont c’est tourné, la réalisation, la photographie, tout contribue super bien à l’ambiance ; ou plutôt aux ambiances qui changent quand même d’une partie à l’autre. La première très classique d’arrivée, angoissante, avec montée de la tension et tout. La deuxième avec son ambiance de survival gore et de film de zombies. Et la dernière en film de monstres encore plus gore qui déchire et son lot d’action. Le tout emmené par une bande-son de qualité. Les acteurs s’en sortent bien, entre autres Fran Kranz,un habitué de Whedon avec Dollhouse ; son rôle de drogué/allumé est vachement bien rendu, et son personnage est clairement super sympathique. Chris Hemworth nous campe un sportif frimeur de qualité, bien dans le carcan du cliché. Les deux filles sont aussi vraiment bien, Anna Hutchison et Kristen Conolly, dans leurs rôles opposés et complémentaires, eux aussi volontairement clichés. Et puis je dois dire que je trouve les deux scientifiques en blouse blanche vraiment biens.

The Cabin in the Woods, c’est bon, mangez-en! Bon, c’est du film méchant, gore, d’horreur, avec des monstres, et plein de sang, c’est pas pour les enfants, mais quel bonheur! Et si en plus vous avez un peu de culture des films de ce genre, ce sera d’autant plus délectable de voir comment les stéréotypes sont repris et (parfois) tordus dans un autre sens.

 

Une réflexion sur « The Cabin in the Woods »

  1. Nice ! Je vais me le faire…
    J’ai regardé « Don’t Be Afraid of the Dark », un film produit par del Toro, l’autre soir. Tu peux y aller, j’ai trouvé sympa si jamais !

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