Le Hobbit : Un voyage inattendu

Ben oui, je n’allais pas attendre trop longtemps avant d’aller voir ce film quand même. Ca a donc été fait dimanche. En VF parce que avec mon fils. Et en 3D parce que c’était tout ce qu’on avait à disposition. Alors allons-y tout de suite avec le sentiment premier qui se dégage de ce visionnement : yeah, c’était vachement bien! Bien sûr, je sais là que je vais me faire haïr par le djihad rouge tolkienniste hurlant au scandale face aux transformations subies par « l’Oeuvre du Maître ». Ouais mais bon n’empêche que j’ai vachement aimé le film moi. Et que je me réjouis bien d’aller voir la suite. Bon ben voilà, après ces premières lignes d’annonce à l’emporte-pièces, il faudrait quand même que je justifie un peu mon propos.

Et tout d’abord que je précise que Le Hobbit a habité la fin de mon enfance et une bonne part de mon adolescence. Je l’ai lu à peu près autant de fois que le Seigneur des Anneaux (c’est-à-dire plusieurs) et j’aime beaucoup. Avec ses défauts (dont une traduction franchement désastreuse), il reste un très bon livre d’aventures, prenant et avec de très bons éléments. Son adaptation au cinéma aurait mérité un film, elle en fera trois. Alors bien évidemment, pour remplir ces pas loin de 9 heures, il faudra délayer la sauce et rajouter pas mal d’éléments. C’est ce que Peter Jackson a fait avec ce premier film, incorporant des éléments puisés hors du récit, dans divers travaux sur la Terre du Milieu ou autres, le tout en grand fan de l’univers de Tolkien.

Le hobbit… C’est avant tout l’histoire de Bilbo, pèpère dans son trou, embarqué plus ou moins malgré lui dans une grande aventure avec un groupe de nains et un magicien. Il vont rencontrer des elfes, des trolls, des gobelins, des aigles géants, Gollum, un dragon, des guerriers, et vivre une quête fabuleuse, avant que notre hobbit en rentre chez lui changé à jamais. C’est aussi la quête de ces nains, et en particulier de leur chef Thorin, voulant récupérer leur royaume souterrain qui leur a été volé par un dragon. Et c’est la découverte de la terre du Milieu aussi. C’est presque dommage d’avoir eu le Seigneur des Anneaux avant. Une trop grande partie du public comprendra dès lors le rôle de Golum, le pouvoir de l’Anneau et tout cela, alors que justement quand on découvre cette œuvre c’est justement fabuleux d’arriver au Seigneur des Anneaux et d’apprendre tant de choses nouvelles sur ce qui a été vécu dans Le Hobbit. Mais voilà, c’est ainsi. Ce premier film raconte donc le début de la quête de ces compagnons de fortune unis pour affronter les dangers. Mais contrairement au livre, et comme c’était le cas dans l’adaptation du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson nous gratifie d’une introduction conséquente, histoire de tout de suite donner de l’ampleur à la chose et de signaler quel est le poids derrière tous ces événements. On perd certes l’aspect très tranquille du début, on perd les révélations en cours de route, mais on obtient une plus grande intensité dès le départ puisque l’on sait à quoi on aura à faire… et puis cela permet d’entrevoir Smaug dès le début. D’ailleurs, le réalisateur ne se gêne pas pour distiller de nombreux éléments au cours du récit, comme ce mini-conseil chez Elrond avec ses références au Seigneur des Anneaux bien entendu. D’ailleurs les références à l’autre trilogie sont nombreuses, et Peter Jackson s’auto-cite régulièrement, en particulier avec cette (fâcheuse) tendance de Gandalf à hurler qu’il faut fuir. Mais pas que ça ; Bilbo qui met l’anneau si proche de Frodo au Poney Fringuant. Etc. Et puis il y a tous ces éléments que l’on n’a pas dans le livre. L’Orc pâle, un très bon personnage qui durcit le ton de l’histoire et ajoute un peu de profondeur à Thorin. Radagast qui donne lui un ton plus léger, voire même comique. Bref, Peter Jackson rallonge la sauce afin de pouvoir tenir ses trois films, et il en met des couches, mais aucune pour moi qui ne soit choquante dans le sens qu’elles s’intègrent à la Terre du Milieu et ne dénotent pas du tout. On notera aussi le nombre de combats plus élevé que dans le livre, et aussi plus violents. On avait un conte pour enfants plutôt tranquille, mais là ça devient bien violent ; presque dans la veine du Seigneur des Anneaux. Dès lors je pense que le grand moment de baston contre le dragon sera particulièrement méchant. Je me réjouis de voir ce que cela donnera.

Ce film est clairement fait pour les mêmes qui ont aimé Le Seigneur des Anneaux. Même ambiance, mêmes teintes, mêmes lumières, on est vraiment dans un cadre sensiblement identique. Peut-être un peu plus potache. Radagast par exemple est limite pas crédible, et les nains avec leurs coupes improbables sont presque too much. mais dans l’ensemble on est vraiment dans le même trip.

Les acteurs sont biens, du moins ceux qui sont importants. Ian McKellen rentre toujours aussi bien dans la peau de Gandalf et le magicien constitue un personnage vraiment bien posé ; on regrettera sa tendance à toujours vouloir fuir, amis bon on fera avec. Martin Freeman est vraiment très bon en Bilbo, avec ses doutes, tiraillé entre son douillet trou de hobbit et son envie de découvrir le monde ; c’est vraiment un très bon choix. Idem pour Richard Armitage qui rend son Thorin crédible en roi nain plein d’honneur et de fierté, courageux, honnête ; j’aime beaucoup. Le seul autre nain qui m’ait marqué c’est Balin (Ken Scott), plus approfondi que le reste de la troupe. Il est en effet difficile de détailler chaque personnage quand on en a autant, et de toute manière le spectateur ne retiendra jamais tout le monde, surtout pas leurs noms. On retrouve avec plaisir des noms ayant marqué la première trilogie, avec ce passage d’Elijah Wood en Frodo au début, créant une boucle et un lien entre les deux trilogies. Hugo Weaving et Cate Blanchett reprennent leurs habits d’elfes qui leur vont toujours aussi biens, leur grandeur et leur fierté rendant très bien ces personnages de haute volée. Andi Serkis fait toujours un admirable Gollum par les miracles de la performance capture. Une belle brochette donc pour mener ce film.

L’ambiance visuelle est toujours au rendez-vous comme dans le Seigneur des Anneaux, avec un magnifique rendu de la Terre du Milieu. Il y a certes les paysages, mais les décors en général rendent parfaitement honneur au monde de Tolkien. L’ampleur et la majesté se combinent avec un sens du détail impressionnant. Et au niveau musical également on se retrouve dans l’ambiance de la première trilogie. tellement en fait que l’on se prendra à chantonner les airs emblématiques repris ici. Dommage, un peu plus de nouvelles créations n’aurait as fait de mal.

Ce Voyage inattendu forme donc une bonne introduction, qui aura sans doute ses très nombreux détracteurs de par son éloignement certain de l’œuvre originale. En même temps, ce film n’est pas fait pour les intégristes tolkienophiles. Et pourtant il reste fait par un fan, un type qui aime le bouquin et veut lui rendre honneur, mais surtout qui aime toute l’œuvre de Tolkien et veut rendre honneur à elle dans son ensemble. Tous les éléments ajoutés ou transformés restent dans l’esprit de la terre du Milieu à mon avis et ne sont pas hérétiques. On aime ou on n’aime pas certes. Et moi j’aime. Tout cela donne une autre dimension au récit qui perd son aspect de petite aventure et qui gagne un souffle épique plus proche du Seigneur des Anneaux. Pour moi ce n’est pas un mal. Je me suis bien amusé, et le final me laisse sur ma faim avec une envie certaine de voir la suite rapidement. Certes le film n’est pas exempt de défauts, mais franchement je me suis éclaté. Et mon fils aussi…

7 réflexions sur « Le Hobbit : Un voyage inattendu »

  1. Merci, cher Fred, pour cette critique qui résume bien mon ressenti. J’aime (et connais) énormément Tolkien, ce qui ne m’empêche aucunement de prendre un pied monstrueux devant les adaptations de Jackson :). Pour le coup, les enragés de Tolkien me gonflent énormément.

  2. Je profite du retour des flux RSS pour apporter mon commentaire, également positif.

    Pour moi, avec ce Hobbit, Peter Jackson et son équipe ont réussi à créer une vraie « prequel » au Seigneur des Anneaux. C’est comme cela que j’ai perçu ce film et j’ai aussi adoré.

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