Le club Vésuvius

Je dois dire que j’ai un petit faible pour le style steampunk, c’est un type d’univers qui me botte pas mal. Alors quand j’ai trouvé un bouquin dans la collection steampunk de Bragelonne, écrit par Mark Gatiss (l’un des auteurs de la série Sherlock dans laquelle il joue, ainsi que dans Doctor Who ou Game of Thrones, entre autres), et bien j’avoue avoir été faible… j’ai craqué. On y suit les pas de Lucifer Box, peintre dandy londonien, bel homme, tombeur, particulièrement classieux et porté sur son apparence, voire narcissique ; il est aussi agent secret du gouvernement de Sa Majesté et opère dans l’ombre sur des affaires toutes plus sombres les unes que les autres. Le voilà entraîné entre Rome et l’Italie sur la piste de savants disparus et d’une menace pesant sur le royaume.

J’ai lu le bouquin en vf et je ne sais pas si le style retranscrit bien celui d’origine, mais je dois dire que cela colle pas mal à l’ambiance. Le bouquin est rédigé à la première personne et on se retrouve donc dans les pensées de Lucifer Box, avec son point de vue et sa vision des choses. Amateur de diverses drogues, bisexuel, toujours tiré à quatre épingles, cynique, imbu de lui-même, ne rechignant pas à traîner dans les bas-fonds, capable de tuer de sang-froid, le personnage a ses bons et ses mauvais côtés ; il est plutôt du genre bad boy même si son apparence et son style le font paraître comme quelqu’un « de bien ». Il sort en tout cas du carcan du héros étincelant et chevaleresque, il casse certains codes. C’est ce qui le rend intéressant, ce côté en tons de gris.

L’histoire est assez bien foutue, mais on peine un peu pendant un moment à comprendre, et à l’instar du héros on subit pas mal les choses jusqu’à la révélation finale de l’identité et du grand plan du méchant de service ; c’est un peu dommage. Je parlais plus haut du lien entre l’auteur et Sherlock, et je dois dire que le grand détective n’aurait pas fait tache comme protagoniste de ce roman, avec une intrigue qui ne lui aurait pas déplu. Reste que le bouquin suit un bon rythme, tranquille à ses débuts, s’accélérant, pour un climax épique. On y trouve des personnages et des lieux hauts en couleurs, et pas mal d’éléments intéressants. Par contre, le côté steampunk reste très peu présent, n’apparaissant en fait qu’à la fin ; on reste essentiellement dans un truc d’espionnage/enquête très traditionnel. Et au final c’est l’ensemble du roman qui se révèle assez traditionnel, le tout pouvant aussi coller à une aventure de James Bond.

Je relève le très bon travail éditorial de Bragelonne, avec une couverture qui en jette et même de petites illustrations intérieures noir/blanc qui donnent un petit plus, sans parler des têtes de chapitres joliment mises en page. Un bel objet donc.

Au final, un roman sympathique qui se laisse lire, mais pas transcendant non plus. C’est vrai que j’en attendais davantage au vu de l’auteur, du coup une pointe de déception quand même.

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