Robocop (2014)

Dans la série des moults (et pas toujours terribles) remakes des films à succès des années 80/90, plongeons-nous sur cette version 2014 de Robocop. En rappelant quand même que l’original de Verhoeven en 1987 était une tuerie et s’est imposé comme une référence. Difficile du coup d’être à la hauteur.

Au niveau du scénario, on retrouve une corpo qui veut développer des policiers robots, un flic qui se fait dézinguer et que l’on sauve en le robotisant à mort, et une lutte contre la corruption et un pouvoir gangréné. Rien de bien neuf là-dedans…

Au sujet du film, je peux ressortir une phrase que j’avais sortie sur remake de Total Recall (Verhoeven est décidément abonné aux remakes) :

Alors ou ce film est moins fun, moins méchant, moins subversif, moins adulte et nettement plus blockbuster que le précédent.

Bon ben voilà on y est. Sauf qu’au lieu d’être un « bon blockbuster d’action » comme le remake de Total Recall, ce remake de Robocop est un film mou du genou assez pénible. Se donne de la peine et en a, pourrait-on ajouter. Alors oui on perd une bonne part de la violence certes très graphique, mais qui servait aussi très bien le propos, dans le film de base ; ici on a même Robocop qui utilise un taser. Alors certes les effets spéciaux permettent des tours de mise en scène qui ne pouvaient être obtenus il y a 30 ans. Mais on perd tout le côté organique et viscéral qui faisaient le film. Les méchants sont aussi beaucoup plus directs, francs, on a moins le côté « salopard vicelard » de l’époque. Bref, un film qui se veut beaucoup plus grand public, mais je dirais pas dans le bon sens du terme. On y perd finalement beaucoup en profondeur et en interrogations. On se retrouve avec un film plat et sans saveur.

Aux manettes on a le brésilien José Padilha. Devant la caméra, le rôle principal est tenu par Joel Kinnaman (Altered Carbon, Run All night,…) qui s’en sort pas trop mal ; bon alors dans ce film on voit beaucoup plus le visage de Murphy, il exprime davantage d’émotions, etc., bref le jeu d’acteur va plus loin que la mâchoire serrée de Peter Weller, mais du coup la partie machine du flic robot perd du terrain. A ses côtés Gary Oldman (le Dracula de Coppola, Léon, Le Cinquième Élément, Harry Potter, Les Batman de Nolan, Hitman & Bodyguard,… ) dans un rôle certes important mais dans lequel il ne donne pas la pleine mesure de son talent, Michael Keaton (les Batman de Burton, Beetlejuice, Birdman, Jackie Brown, Spider-Man Homecoming, …) lui aussi pas utilisé à pleine capacité, Abbie Cornish (Sucker Punch, 3 Billboards,…), Michael Kenneth Williams (The Wire, Gone Baby Gone, The Purge 2, …), Marianne Jean-Baptiste (Blindspot,…) ou encore Samuel L Jackson (Pulp Fiction, Die Hard 3, Jackie Brown, Star Wars, Incassable, Des Serpents dans l’avion, une bonne partie des Marvel, Django Unchained, The Hateful Eight,…). Un casting de qualité, mis au service d’un film trop plat et de personnages pas assez travaillés pour permettre aux acteurs de faire du bon job. Dommage, parce qu’avec eux il y avait moyen de faire du très bon.

Bon ben l’effet le plus fort sur moi de ce film c’est me donner l’envie de re-re-revoir l’original de Verhoeven que j’ai déjà vu un nombre de fois assez conséquent ; et comme y’a pas de mal à se faire du bien.

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