The Haunting of Hill House

Basée sur un bouquin d’il y a 60 ans, cette série combine de bien belle manière un drame familial où chaque personnage a ses problèmes, avec une histoire de maison hantée. Les dix épisodes naviguent entre différentes époques pour nous conter une histoire complexe et poignante. J’ai dévoré tout cela.

Hugh et Olivia Crain achètent des vielles demeures, les retapent en y vivant quelques temps, puis les revendent avec une marge non-négligeable. Lorsqu’ils s’installent à Hill House pour un été avec leurs cinq enfants, ils ne se doutent pas que l’endroit est hanté par des fantômes aux motivations complexes, et que la maison en elle-même a quelque chose en tête. Tout cela va mettre en évidence ou créer des peurs, craintes, dérangements chez chacun de ces personnages. Et on les retrouvera 26 ans plus tard, alors que les événements de Hill House marquent toujours leurs vies respectives.

Développée et réalisée par Mike Flanagan (The Mirror), la série est une belle réussite technique. Les prises de vue sont très bien pensées, avec des cadrages et des mouvements de caméra qui nous plongent vraiment dedans et qui construisent très vite une ambiance forte et solide. Les couleurs et la bande-son servent aussi le tout. On a très vite un côté bien tendu où l’on s’attend à voir surgir des trucs aux coins de notre champ de vision (beaucoup de mouvements de caméra lents qui laissent imaginer plein de choses). S’il y a bien quelques jumps scares, l’ambiance ne tient pas qu’à cela, au contraire ; le côté sombre, malsain, profond passe vraiment, décuplé par ces fantômes qui apparaissent parfois dans les décors, cachés, au détour d’un regard. Et puis le côté « maison hantée » n’est pas tout puisque la série repose beaucoup sur ses personnages, leurs liens entre eux, leur passé, leurs histoires et tout ce qu’ils ont à accepter dans leurs actions passées pas toujours reluisantes. On est dans le non-dit, la révélation, la découverte et le mystère. Bien sûr, tout découle des événements passés de Hill House, mais la demeure continue à influencer leur quotidien 26 ans plus tard. A noter dans les traits forts de la réalisation cet épisode composé de quelques très longs plans-séquences époustouflants.

Au vu de l’importance des personnages, il fallait des acteurs qui les portent correctement. Et c’est le cas. Parfois quelques petits soucis de jeu d’acteur quand même, quelques regards surjoués, mais dans l’ensemble c’est une belle performance, en particulier de la part des enfants. On retrouve ici Henry Thomas (Elliot dans E.T.) et Carla Gugino (Sin City, La Nuit au Musée, Watchmen, Sucker Punch, Man of Steel,…) dont le couple fonctionne bien. Timothy Hutton, Michiel Huisman (Game of Thrones,…), Elizabeth Reaser (Twilight,…), Oliver Jackson-Cohen, Kate Siegel et Victoria Pedretti posent une famille très forte, avec des relations tendues mais un amour qui reste malgré tout. Relevons donc la performance des enfants Lulu Wilson, Mckenna Grace, Violet McGraw, Paxton Singleton, et Julian Hilliard. Et citons encore Robert Longstreet, Annabeth Gish, et Olive Elise Abercrombie.

Une série prenante en 10 épisodes tendus, sachant jouer sur une ambiance très forte. Elle se permet d’aborder en plus des thématiques très fortes comme l’addiction, la violence sur mineurs, le suicide, l’addiction, et d’avoir (ce qui reste rare) un personnage homosexuel dans ses personnages principaux. Bref, plein de bonnes choses. Alors certes la série n’est pas dénuée de quelques défauts (on notera parfois quelques longueurs avec un rythme pas toujours facile à tenir) ; de plus, elle demande pas mal d’attention, les allers-retours dans le temps et les personnages nombreux ne rendant pas le truc super basique. Pour moi, j’ai passé de très très bons moments devant mon écran et je vous recommande chaudement le visionnage.

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