Hellboy (2019)

Même si ça remonte à pas mal d’années, je garde un bon souvenir de ma lecture des comics Hellboy. Je suis aussi un grand fan des deux films de Del Torro avec Ron Perlman. Et bon, tout le monde attendait la suite de la trilogie mais l’herbe lui a été coupée sous les pieds avec un reboot total de la franchise. Exit donc le réalisateur et l’acteur principal, on prend une autre équipe et on relance une nouvelle machine. Et soyons très clairs, il ne faut pas chercher la comparaison, il n’y a pas du tout volonté à se caler dans le même style, on a une autre vision/version de Hellboy. Avec ses qualités et ses défauts.

Ici Hellboy va devoir empêcher le retour de la reine des sorcières qui n’a qu’une envie : faire du mal et dominer le monde, évidemment. Et elle compte bien utiliser notre démon tout rouge et cornu pour ce faire, vu qu’une prophétie dit qu’il sera à l’origine de l’Apocalypse. Le héros et ses coéquipiers vont devoir affronter de gros dangers et des monstres impressionnants dans une débauche de violence pour contrecarrer les plans de la dame. Beaucoup de bastons épiques au programme, mais aussi de l’humour et une bonne ambiance bien rock’n’roll.

Sur un scénario co-rédigé par Mike Mignola (créateur du comics, aussi crédité à la production du film), c’est Neil Marshall (Dog Soldiers, The Descent, mais aussi des épisodes de Hannibal, Westworld, ou parmi les plus impressionnants de Game of Thrones,…) qui se place derrière la caméra. La volonté était de pousser le truc dans le violent, le film étant d’ailleurs classé « R » aux US, dans la veine des succès Deadpool et Logan. Et du coup on a droit à une quantité non négligeable de sang, viscères, démembrements, et autres joyeusetés parfois assez gores ; il y en a parfois une telle accumulation que c’est à se demander si c’est pas fait exprès pour obtenir un classement « R » assuré. Le film n’est assurément pas familial, et prend vraiment le parti pris du côté sombre et violent des comics. Il y a aussi un choix de rendre le tout assez rock’n’roll, sans prise de tête, jusque dans la bande-son où figurent de très bons titres ; les premières minutes du film comprennent de la décapitation, du lucha libre et du BRMC ; une bonne base. Les armes, les monstres, les morts violentes, tout est exagéré, surdimensionné. On a un côté série B complètement assumé mais avec de gros moyens.

Devant la caméra, c’est David Harbour (Quantum of Solace, The Green Hornet, Stranger Things,…) qui reprend le rôle-titre avec une carrure qui en impose et un maquillage/look plus méchant et agressif que ce que portait Perlmann. Le personnage garde son ton désinvolte, son humour à la con, et son sens de la provoc, mais il est aussi plus dur, plus violent, plus brutal. Il nous délivre une très bonne prestation et pose une nouvelle vision du personnage. Face à lui, en grande méchante sorcière imbue d’elle-même, Milla Jovovich (Le Cinquième Élément, Jeanne d’Arc, Resident Evil,…) qui fait juste le job sans plus (en même temps, je ne me souviens pas d’avoir été bluffé par son jeu d’actrice). Le père adoptif de Hellboy, c’est Ian McShane (Deadwood, Pirates des Caraïbes, John Wick, American Gods,…), avec son charisme et sa présence particulièrement marqués, un bon acteur qui donne du poids à un personnage très important. Citons encore les prestations de Sasha Lane et Daniel Dae Kim (Lost, Hawaii Five-0,…) en partenaires de Hellboy ; personnages montrés avec du caractère et de petits sombres secrets, mais finalement assez clichés et classiques.

Au final, j’en ai pensé quoi? Et bien j’ai passé un bon moment. Je vois le film se faire pas mal démolir sur le web (et donc remise en question de la suite annoncée à la fin du film), mais je ne serai pas aussi méchant. Il faut dire que je suis plutôt bon public. Et pour moi ce film porte un côté fun, relax, sans prise de tête, avec de l’action bourrine, de la bonne musique, quelques punchlines sympas, des gros monstres bien pensés. Comme dit plus haut, on a un côté de série B assumée mais en se donnant les moyens de le mettre en scène. C’est certain que la comparaison avec les deux films précédents n’est pas simple ; on avait eu droit à des films plus grand public certes, mais surtout des films très oniriques, très graphiques, avec des créations visuelles incroyables. Là où Marshall est très bon sur la baston et la violence, Del Torro est bien plus imaginatif et créatif. On ne navigue clairement pas dans le même monde. Là où ce film est un pur divertissement qui claque, les films précédents rajoutaient une couche les passant davantage au statut d’œuvres artistiques. On a ici un côté plus simple, plus brut de décoffrage, et n’ayant de loin pas la finesse des deux autres. Clairement pas le même film, pas la même catégorie, pas le même but. Et je crois que c’est ça qui le fait ne pas être apprécié, il souffre vraiment de la comparaison ; et c’est ce qui fait que j’ai passé un bon moment, à aucun moment je n’ai cherché à comparer, je n’attendais pas un film se rangeant dans la même catégorie. Alors bien sûr le film ne restera pas dans les annales comme ses deux prédécesseurs, mais il n’empêche que, dans sa catégorie, il constitue un divertissement plaisant et bien sympa, avec quand même quelques jolies scènes qui claquent.

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