Solo – A Star Wars Story

Comme vous le savez sûrement si vous suivez ce blog, je suis un peu beaucoup très fan de Star Wars. Je suis même plutôt bon public. Et je dois dire qu’en général un coup de blaster, un bruit de sabre-laser et une acrobatie de X-Wing sur grand écran suffisent à me rendre content, voire heureux. Avec différents niveaux de content quand même. Alors ouais une histoire sur Han Solo, ce personnage fabuleux de la saga, avec les rencontres de Lando et Chewie, l’acquisition du Faucon, et tout ça, ben sur le papier ça devait m’éclater à fond. J’en ressors un peu déçu quand même. Je ne serai pas aussi cruel que de nombreuses critiques qui ont complètement descendu le film, mais il ne s’élève pas plus haut que le divertissement sympathique malheureusement. En tout cas il n’est pas à a hauteur des attentes.

Solo nous conte donc les aventures d’un jeune gars des rues qui survit comme il peut, s’enfuit de sa planète de merde, s’engage par défaut dans les troupes de l’Empire, et finit par devenir criminel contrebandier, le tout pour retrouver son amour abandonné sur sa planète d’origine. Il suivra ce parcours de hors-la-loi en suivant un mentor charismatique qui saura lui transmettre de bonnes bases. Et il fera la rencontre de personnes qui vont à jamais changer sa vision des choses.

Sur un scénario de Lawrence (déjà derrière L’Empire contre-attaque, Le Retour du Jedi, les Aventuriers de l’arche perdue ou Le Réveil de la Force, par exemple) et Jonathan Kasdan, on a un film qui a plusieurs problèmes. Et je pense que les soucis de production n’y sont pas étrangers. Les réalisateurs attitrés pendant une grande partie du tournage, Phil Lord et Chris Miller (le très bon et bien barré La Grande aventure Lego), ont été remerciés alors que le projet était très avancé, même s’ils sont toujours crédités comme producteurs délégués ; Disney est allé chercher Ron Howard (Cocoon, Willow, Le Grinch,…) pour reprendre le bébé en main, ce qui a donné lieu à de nombreux retournages de scènes, à un remontage et à une révision en profondeur du film, et c’est ce dernier qui est crédité comme seul réalisateur. On l’a déjà vu il y a peu avec Justice League, ces changements de réalisateurs avec des visions très divergentes en cours de route peuvent conduire à des gros problèmes. Difficile de dire quelle part du film on doit aux uns et aux autres, mais le résultat est bancal. On passe de scènes épiques à des trucs tout mous, on a un héros censé être mordant et rebelle mais qui se révèle bien gentillet et lisse. On a un manque d’ampleur général, un truc qui semble finalement bien peu de choses pour construire la légende d’un personnage iconique. Mais avec ses références au film de gangster, au western, au film d’action, le tout dans l’enveloppe SF old-school de Star Wars, le film a quand même des bons côtés.

C’est le jeune Alden Ehrenreich qui reçoit la difficile tâche de reprendre le rôle mythique d’Harrison Ford. Incarner Han Solo et lui donner sa tchatche, son charisme, sa gentillesse en profondeur sous des couches de grande gueule arnaqueur et fouteur de merde, ce n’est pas facile.  Du coup effectivement le rôle paraît lisse par rapport aux attentes. Il y a du potentiel mais on n’a pas la même ampleur quand même. A la reprise d’un autre rôle mythique, le fameux Lando Calrissian, on a Donald Glover (Seul sur Mars, Spiderman : Homecoming,…) qui réussit à donner de la prestance et du charme comme il se doit pour cette autre grande gueule ; une performance très sympathique. A leurs côtés, Woody Harrelson (Tueurs Nés, Zombieland, Hunger Games, Insaisissables, True Detective, La Planète des singes,…) en mentor cynique et désabusé, plutôt réussi ; Emilia Clarke (Game of Thrones,…) qui nous la joue belle manipulatrice qu’on sent venir à des kilomètres (mais pas le héros, il est aveugle là) ; Phoebe Waller-Bridge en droïde rebelle libérateur égalitariste ; ou encore Paul Bettany (Transcendance, Infinity War et pas mal de Marvel,…) en grand méchant de service froid et sans morale. Plus quelques caméos par ex de Warwick Davis (le Willow qui apparaît aussi dans tout plein de films Star Wars) ou Anthony Daniels (Môssieur C-3PO).

Un film sympathique donc, un bon divertissement, un blockbuster d’action, au scénario certes très classique mais laissant la place à quelques moments épiques (je dois dire que l’attaque du train version Star Wars donne quelque chose de très sympa). Dommage que tant de classicisme et de clichés ne donnent pas la possibilité au personnage de Solo de vraiment se construire. Le film n’est pas à la hauteur d’un personnage aussi iconique mais se laisse regarder quand même.

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