Inception

Depuis la première bande-annonce, j’étais extrêmement fébrile et j’attendais avec une impatience non négligeable le visionnement d’Inception. Mais bon, les emplois du temps étant ce qu’ils sont, je n’ai pu le voir que tout récemment. L’attente a été bien longue, mais récompensée par un putain de très bon moment devant ce film. Bon, OK, je suis pas objectif, je suis fan de M. Nolan. Le premier film que j’aie vu de lui c’est Memento. Puis il y a eu Insomnia, Le Prestige, Batman Begins et The Dark Night (manque Following à mon plamarès donc). A chaque fois je me suis éclaté. Cette fois donc, Nolan part dans le thriller à tendance SF bien tordu et alambiqué ; d’un autre côté, avec lui, on tombe rarement dans la simplicité. Et ça faisait genre 10 ans que le bonhomme réfléchissait à ce scenario et le mettait gentiment en place. Alors fatalement, Inception ne se laisse pas juste regarder facilement, on rentre dedans et on part dans un autre monde, les méninges s’emballent et on ne peut que se poser de multiples questions et échafauder des théories sur le pourquoi du comment. En comptant que Nolan ne nous répond pas vraiment, le salaud. Volonté artistique? Provoc? Envie de faire parler de son film? Reste que la blogosphère est friande de ce genre de chose et que le sites tentant d’interpréter et décortiquer Inception sont légion. En tout cas, retenons que l’on a ici une leçon de très bon cinéma.

Pour commencer, je vous recolle le trailer qui m’avait bluffé et donné envie de voir le film.

Ah ben ouais cette vidéo ne dit pas grand chose. Et pourtant qu’est-ce que ça claque! Ca nous change des bande-annonces qui vous résument l’intrigue complète d’un film en vous indiquant qui est le méchant et en vous servant sur un plateau toutes les meilleures scènes d’un coup. Là on reste dans le mystère. Et franchement c’est le mieux. Allez, on en dit un peu plus (des fois que vous seriez passés à côté de ces informations). Dans Inception, on a Dom Cobb, une sorte de braqueur moderne dont le talent est de s’infiltrer dans les rêves des autres pour y subtiliser et y lire des idées. Il a autour de lui une équipe pour effectuer ces casses d’un genre nouveau, et une technologie adaptée. Jusqu’à ce qu’on lui propose un marché qu’il ne peut pas refuser pour pratiquer une inception, à savoir l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un sujet, en étant sûr bien entendu que le sujet en question soit persuadé que l’idée vient de lui-même, sinon ça ne marche pas. De là va se mettre en place un plan énorme type plan pour braquer une banque ou un casino dans les meilleurs films de braquage et une équipe va partir à l’assaut de l’esprit de la « victime ». On va s’arrêter là pour ne pas spoiler.

On est donc entre la SF et le film de gangster, reprenant les codes de ce dernier dans de très nombreux passages.

Nolan nous sert encore une fois une histoire complexe, à différents niveaux de lecture. Le spectateur est obligé de plonger dedans et de s’impliquer pour comprendre et assimiler le tout. Il est aidé par l’intégration dans l’équipe d’une nouvelle recrue à qui la technique va être expliquée, ce qui permet de comprendre le fonctionnement de tout cela. C’est ce que la chose est assez tordue. Nolan ne fait pas les choses simplement, je me répète. Mais la qualité du film permet d’assimiler cette complexité. Tout est extrêmement bien filmé. Des images nettes, brutes, des ralentis, tout est utilisé pour nous plonger dans cet univers onirique parfois très déstabilisant.Et puis des images proprement renversantes (au propre comme au figuré).

Ajoutons à cela une distribution d’enfer pour des rôles au taquet. Les acteurs sont tous au rendez-vous pour camper des personnages profonds, complexes eux aussi. Des habitués de Nolan comme la tête d’ange de Cillian Murphy ou le malheureusement pas assez à l’écran Michael Caine. Et toute une brochette de gens en très grande forme, à commencer par Di Caprio, qui n’en finit plus de s’améliorer et de démarquer de son étiquette de jeune premier à midinettes. Joseph Gordon-Levitt, Tom HArdy, Ken Watanabe, Tom Berenger, sans oublier les filles Ellen Page et Marion Cotillard (qui a quand même bien mûri depuis Taxi). La musique est aussi là pour nous aider à plonger dans le film. Bref, un grand moment.

Je ne peux que vous conseiller d’aller le voir si ce n’est pas encore fait.

Et même si c’est fait, je crois qu’il y a l’envie de le revoir, rien que pour essayer de repérer des petits trucs et indices laissés par Nolan pour tenter de nous donner des explications.

Un des meilleurs films que j’aie vu depuis bien bien longtemps.

Je vais maintenant passer à une deuxième partie de ce billet, réservée à ceux qui ont vu le film. Parce que la suite est remplie de spoilers kilométriques. Nolan laisse les choses en suspens, n’explique pas tout. Et le net s’est emparé de tout cela pour échafauder tout plein de théories plus ou moins capillotractées. Pour preuve une série de pages comme ici, , ou encore . (rapide recherche Google sur les premiers sites en français)

Pour ma part, je ne pense pas détenir la Vérité. Je ne suis même pas certain que Nolan l’ait lui. Mais je reste sur cette putain de toute dernière image avec la toupie… tombera, tombera pas? Rêve ou pas rêve? Elle semble vaciller.  Avec l’aéroport, le retour, les enfants, je me disais « bienvenue au royaume du happy end facile ». Et là cette putain de toupie qui me fout un doute monstrueux. J’adore. Et franchement je ne sais qu’en penser. Si elle tombe, qu’on est dans la réalité, tout va bien, il retrouve ses mômes, peut reprendre une vie normale, l’inception a réussi, c’est e bonheur. Mais si elle continue à tourner, quid? On est dans un rêve. A quel niveau? Toujours les limbes? Des limbes que son subconscient aurait créées pour y passer le reste du temps, avec la présence de ses enfants tant désirés, moteurs de tout ce qu’il a accompli jusque là. Ou bien le même niveau de rêve que celui dans lequel Mall s’est suicidée ; ce qui voudrait dire qu’elle s’est suicidée dans un niveau de rêve pour effectivement revenir à la réalité et que c’est Cobb qui est dans le faux depuis la fin de leur escapade commune dans les limbes.

Et en même temps, la toupie est le totem de Mal, pas de Cobb. Qu’en déduire? Que sa chute ou sa rotation infinie ne représentent pas grand chose et que l’on doit chercher ailleurs?

Pfiouh… ça y est, je vais bientôt avoir mal au crâne moi.

Sinon j’ai aussi été bluffé par les différents niveaux de rêve, le décalage temporel qui s’instaure, et la manière dont celui-ci est traité. La chute infinie de la fourgonnette depuis le pont, qui dure et dure et n’en finit pas tandis que tant de choses se passe plus bas, au fond. Et puis les répercussions du niveau du dessus sur le dormeur, avec la fameuse putain de bonne scène de fight en apesanteur absolument démentielle. Alors bon, ces niveaux de rêve, y’a un peu de Matrix-like dedans, à se demander dans quelle réalité on est et si c’est la réalité ou pas. Sauf que c’est nettement mieux traité et abordé, de manière fort intelligente.

Et puis toute la question sur Ariane. Qui est-elle? Comment est-elle finalement si douée alors qu’elle n’a jamais rien fait dans ce domaine? Et puis pourquoi Miles la fait-il venir ainsi? Et puis pourquoi pose-t-elle toutes ces questions et se mêle-t-elle du passé de Cobb? Et surtout pourquoi tente-t-elle de modifier sa façon d’agir? Pour aide l’équipe et assurer le truc? Ou parce que, comme le disent certains sur le net, parce qu’elle est engagée par Miles et Mall pour effectuer une inception sur Cobb? Ariane, tisseuse de labyrinthes, avec la référence mythologique bien entendu. Ariane, le jeune fille innocente qui s’avère la plus incisive et la plus proche de Cobb en le suivant au plus profond.

Pfiouh, on peut y aller un moment.

bref, tout ça pour dire que oui je vais le revoir (en DVD je pense parce que la place de ciné est un peu chère), mais faut que je cherche des réponses, des indices dans les images, les dialogues… Il doit bien y avoir quelque chose.

7 réflexions sur « Inception »

  1. Perso, j’ai été un peu déçu par Inception, mais principalement parce que j’en attendais plus qu’un « simple » film d’arnaque dans un décor SFoïde.

  2. Je suppose que cela vient du fait qu’il a posté son commentaire sous Facebook. Et que Wordbooker importe les commentaires Facebook avec le gravatar de la persinne qui a posté la publication sous Facebook…
    D’ailleurs, si tu regardes sur Facebook, Wordbooker y exporte tes commentaires avec mon nom et ma photo de profil, en y mettant un « name : Alias ».

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