Ready Player One

Je vous disains il y a quelques temps à quel point j’avais bien kiffé le livre Ready Player One d’Ernest Cline. Du coup, je me suis senti plus que contraint d’aller voir l’adaptation ciné, dont la bande-annonce se révélait fort alléchante, ce d’autant plus que c’est Steven Spielberg himself qui s’est mis derrière la caméra (sur un scénario co-rédigé par Cline). Alors pour la mise en situation et le pitch, je vous renvoie au billet du bouquin, ça m’évitera de faire du doublon,… et je passe direct à cette adaptation ciné. Soyons honnête : sans que ce soit au niveau du bouquin, j’ai quand même joliment pris mon pied et apprécié ce film. Mais bon, détaillons un peu…

Le parti pris en adaptant Ready Player One c’est d’avoir une bonne partie du film qui se déroule dans une réalité virtuelle où on peut croiser en gros tout et n’importe quoi. Du coup une bonne partie du film est réalisée en pures images de synthèse bien entendu. Impossible de rendre l’Oasis avec des prises de vue réelles. Et je crois qu’il vaut mieux être prévenu.Je ne m’attendais pas à autre chose, mais je pense que cela peut dérouter sinon. Alors oui on a aussi un certain nombre non négligeable de scènes en live action, mais ce n’est pas la majorité. Par contre cette réalité virtuelle a la classe, on peut réellement tout y croiser, et tout y faire. Elle a ses propres règles, son fonctionnement, etc. Les images sont bien rendues et l’équipe s’est lâchée pour glisser des visuels qui claquent vraiment.

Un autre point est que le bouquin est plus que super-référencé niveau années 80, que cela soit en jeux (vidéo ou pas), en musique, en films, etc. Oui mais avec un film au budget aussi élevé, il faut rentabiliser, donc toucher un max de monde. Alors d’une part on a légèrement allégé le nombre de références au centimètres carré pour éviter d’en faire trop ; et aussi sans doute pour des questions de droit d’auteur. Et on a élargi le champ, puisque l’on trouve des références nettement plus récentes, genre Halo. Un peu surprenant au début, quand on est dans le trip 80s du bouquin, ce choix est tout simplement normal ; après tout, Halliday a créé l’Oasis en grande partie et y  casé ce qu’il aimait, en particulier dans la quête de l’Easter Egg, mais il n’a pas la main mise sur les avatars et les créations de tous les joueurs, et c’est là que c’est juste logique de voir traîner des trucs ayant bercé la jeunesse de gens d’une autre génération qu’Halliday.

Par rapport au livre, je note aussi que l’histoire a subi sa dose de simplification, en particulier dans l’entremêlement des quêtes diverses de la chasse à l’Easter Egg ; mais aussi la résolution du conflit avec IOI. Normal. Sans quoi on se serait retrouvé avec un film de six heures au moins légèrement indigeste et avec des passages chiants et pas visuels. Et puis bon au final c’est plutôt sympa quand on a lu le bouquin d’avoir quelques surprises et pas une retranscription littérale du truc. De ce point de vue, dans les ajouts, j’ai bien aimé l’usage de la Delorean ou de la Holy Hand Grenade, sans parler du passage Shining. L’auto-citation de Spielberg avec le T-rex qui s’en prend à des voitures est aussi très fun.

Tenu de main de maître par l’un des plus grands réalisateurs de l’époque qu’il met en valeur, le film est lui-même un hommage à cette période. Une sorte de boucle bouclée quoi. Les références s’alignent au kilomètre, mais sans verser dans le nawak. L’histoire, bien qu’un peu simple et light, tient la route. Le rythme et la qualité des images (aussi bien réelles que virtuelles) sont là. Bref, il n’y a pas grand chose à redire.

Si ce n’est peut-être sur les acteurs. Ils ne sont pas mauvais… mais ils ne cassent pas non plus des briques (à noter que chacun est aussi l’interprète, en toute logique, de l’avatar de son personnage dans l’Oasis). Je trouve que, pour être le héros, Tye Sheridan (X-Men Apocalypse,…) manque singulièrement de charisme ; alors oui il incarne un geek introverti et peu sociable, mais quand même. Et la remarque vaut pour ses acolytes Olivia Cooke et Lena Waithe. De même Mark Rylance campe un Halliday bien trop planant pour moi, trop mou, trop ou pas assez quelque chose quoi. Même la prestation de Simon Pegg (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, The World’s End, Mission Impossible, Star Trek,…) qui me plait bien habituellement ne m’as pas convaincu. Le seul à s’en sortir un peu mieux étant Ben Mendelsohn (Rogue One,…) dans son rôle d’antagoniste principal.

Un très bon film donc, certes moins bon que le livre que je conseille plus que chaudement. Un film en plein dans son époque, avec des thèmes et des messages d’actualité. Un film plein d’images qui en jette, un vrai grand spectacle.

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