Articles

Revue de web – S01E05

 

Et voilà, un mois a passé et je m’y suis tenu ; je vais essayer de faire un peu moins touffu, on va voir. Cinquième revue de web sur ce blog donc, avec un menu chargé…

Les lectures de la semaine

Il y a quelques semaines, Cory Doctorow avait mis un article que je trouvais fabuleux sur Boing Boing. Tellement bien que je trouvais qu’il devait être partagé aux anglophobes aussi et que j’avais demandé à l’auteur si je pouvais le traduire et le diffuser. Il avait dit oui, mais je n’avais toujours pas trouvé le temps. Framablog s’est chargé de le traduire entretemps, je ne vais donc pas créer un doublon. Je vous mets donc les deux liens, en anglais et en français :

Au festival d’Angoulême, il y a eu les 24 heures de la BD. Le résultat du travail de Boulet est juste fantastique, une magnifique histoire appelée Le Ténébreux

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ACTA : On en est où?

Suite aux fameux projets de lois SOPA et PIPA aux Etats-Unis qui ont fait se lever pas mal de boucliers, le grand public prend conscience de ces lois liberticides qui se posent de plus en plus souvent, bien entendu à l’insu de son plein gré. Du coup, cela a permis de lever le rideau sur le fameux ACTA, cet accord qui est un peu le pendant international de SOPA/PIPA mais pas confiné au web. Que du bonheur en somme. Je ne vais pas vous refaire le descriptif total, il y a déjà plusieurs billets sur mon blog à ce sujet (liens au bas de celui-ci, si jamais) ; et Google regorge d’informations. Pas que ACTA fasse soudainement la Une non plus, faut pas rêver. Mais au moins il y a de l’intérêt et des gens découvrent tout simplement l’accord. Ceci alors qu’il est déjà signé par tout un paquet de pays. Mais les manifestations anti-SOPA/PIPA ont permis de lui donner une base de visibilité (et aussi de faire péter les scores de visites sur mon blog à partir de recherches web). N’oublions pas que cet accord a été discuté en secret par des instances non-élues de quelques pays. Et qu’il est présenté ensuite de manière évidemment biaisée à ceux qui doivent le signer, afin que ceux-ci ne se rendent pas compte de sa dangerosité.

Du coup, ces derniers jours ont vu pulluler les articles concernant ACTA sur le web et je voulais vous en faire une petite liste. Ceci afin que vous puissiez vous faire une idée. Je vous parlerai de la situation en Suisse juste après.

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Revue de web – S01E04

Quatrième semaine de la revue de web. Jusqu’ici je tiens bon…
Au programme de cette semaine, quelques mots et répercussions de l’affaire Megaupload, de la politique bien entendu, culture geek évidemment,…

Par contre, ça commence à donner de longues revues, je crois qu’il y a trop de trucs qui m’interpellent.

Megaupload et ses suites

Je ne vais pas faire la liste de tous les articles suite à l’affaire Megaupload, Google vous aidera à en trouver quelques milliers. Quelques uns quand même qui permettent de réfléchir à l’évolution de la situation :

Des passeports à divers noms, des sommes gigantesques à disposition, un précédent de fuite alors qu’il était poursuivi. Vraiment étonnant qu’on refuse la libération sous caution de Kim Dotcom.

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Revue de web – S01E03

Troisième épisode de la revue de web hebdomadaire, avec cette fois un menu une bonne dose de politique, un peu de jeu et de geekitude,… Bonne lecture.

Politique

21 candidats au Conseil d’Etat en mars, pour 7 sièges à remplir. 24 Heures nous l’annonce et j’en profite donc pour commenter mon billet à ce sujet.

Domaine Public nous parle d’une nouvelle vision de l’agriculture où on voit les géants de la nutrition, de l’agro-alimentaire et des OGM se poser en défenseurs de l’agriculture dans les pays en voie de développement ; bien entendu, avec une vision qui leur est propre.

Un autre article de Domaine Public prouvant encore une fois que l’UDC est un parti qui agit de manière contraire aux valeurs de notre pays et va à l’encontre de nos institutions.

Rue 89 revient sur ce grand moment de journalisme qui a enfin vu une journaliste montrer les contradictions de Marine Le Pen ; des questions réfléchies et un peu plus poussées que la moyenne ont suffi à démontrer les limites du programme FN. J’avais toujours trouvé Marine Le Pen catastrophique sur les plateaux télé, mais là pour une fois la journaliste ne s’est pas laissée démonter.

Sur Rue89, quelques interrogations sur les canons à neige qui fleurissent dans les stations.

Les CrisesBox, des cadeaux sympas en cette période…

Le 120secondes de Couleur 3 nous en dit plus sur les conditions dans lesquelles Novartis a décidé de garder ouvert son site de Prangins… Que du bonheur!

Nos politiques s’avancent sur l’enfouissement des déchets radioactifs. Eh oui, va falloir assumer le choix du nucléaire, avec ses coûts sur tant d’années. Reste cette citation de l’article comme quoi la cantons demandent « que la solution soit «durable, transparente, honnête et absolument sûre» »… Muhahaha, on parle de nucléaire là, c’est pas possible.

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The Social Network

Au fond, l’idée de faire un film sur la création de Facebook, ça peut sentir le truc chiant et pas motivant du tout, surfant sur un effet de mode. Après on se dit qu’avec Fincher aux commandes, ça peut quand même donner quelque chose de bien. Puis il y a les nombreux commentaires ultra-positifs. Alors je me suis lancé et j’ai regardé The Social Network, qui m’a plutôt agréablement surpris. Alors c’est certain que sur le papier, c’est pas folichon tout plein d’action, et en plus on connait la fin. Reste que le film est suffisamment bien foutu pour se révéler très agréable. Je ne connais pas la vérité dans cette histoire, je ne vais pas m’appesantir sur la part de fiction-adaptation et la part de retranscription. Mais y’a du crédible là-dedans.

Le film raconte donc l’ascension du petit génie du codage Mark Zuckerberg qui, suite à un râteau monumental avec une fille, se lance dans du site communautaire un peu misogyne et attire une foule d’étudiants dessus. De fil en aiguille, il va rencontrer des jumeaux plein de fric et avec une bonne idée, leur associé, mais aussi attirer dans son truc son meilleur ami qui investit. Et monter tout d’abord The Facebook (qui deviendra Facebook tout court). D’abord réseau social interne à son université, il va vite s’étendre à d’autres écoles avant de s’affranchir vers le monde. Le film montre la rencontre avec le fondateur de Napster qui va tout changer, les aspects peu sympathiques de Zuckerberg, ses déboires, ses réussites, pour culminer à la fin du procès contre les jumeaux l’accusant d’avoir volé leur idée. Très sympa de voir l’évolution. On peut croire sans problème que Zuckerberg ne voulait au début que du fun, pas de pub, juste pour s’amuser. On peut croire qu’il se révèle un beau salaud par moments. On peut croire que des avocats et hommes d’affaires l’ont aidé à monter le business contre d’anciens amis. On peut croire à cette folle relation avec le gars de Napster. Le tout tient la route. Il y a sûrement une part de fiction pour rendre le tout intéressant sur un écran. Mais globalement c’est assez crédible.

La réalisation du film est bien foutue et permet de donner du rythme à un truc qui, sur le papier, sonne plat et mou. La tension est bien utilisée. Le jeu entre les moments du procès et les flashbacks sur l’histoire de Facebook, ça fonctionne bien. Le tout servi par de belles images et une bande son de qualité. La prestation des acteurs est un grand plus aussi. Dans la peau de Zuckerberg pas très social mais génie du codage, Jesse Eisenberg est parfait. Justin Timberlake nous démontre qu’il devrait juste arrêter la musique pour se concentrer sur le cinéma parce qu’il tient vraiment bien la route. A côté de ces deux-là, les autres font un peu plus pâle figure mais s’en sortent très bien quand même.

Au final, The Social Network est un bon film. Intéressant, prenant. Une curiosité à voir.

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Revue de web – S01E01

Comme signalé dans mon billet de fin d’année, je vais essayer de faire une petite revue de web hebdomadaire de trucs qui m’ont marqué pour différentes raisons sans qu’il n’y ait à chaque fois un billet complet les concernant. Premier essai donc avec cette première semaine de l’année. On va donc parler de politique et de culture geek,  entre autres.

Politique

Le quotidien 24Heures nous annonce que le ministre en charge de l’armée ne s’inquiète pas du sondage récent selon lequel deux tiers des Suisses se seraient pas d’accord avec l’achat de ses nouveaux joujoux avions de combat. 82% de la population serait opposés à ce que cet achat se fasse au détriment des budgets d’autres départements qui pourraient ainsi en pâtir. J’avais déjà donné mon avis là-dessus et je ne vais pas y revenir. Mais je trouve notre cher Monsieur Maurer un brin arrogant face à la volonté populaire ; en même l’arrogance est devenue la marque de fabrique de son parti, non?

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Bloquer l’ACTA en Suisse : signez la pétition

Voilà, on y arrive. Après des années de négociations en secret et de décisions prises loin de tout processus démocratique, l’ACTA (Anti-Couterfeiting Trade Agreement) entre dans sa phase finale, celle de sa signature. Je ne vais pas redétailler ce qu’est l’ACTA ; je vous propose de (re)lire ce billet ou celui-ci. Je vous recolle juste cette petite vidéo que j’avais déjà postée et qui explique assez clairement les choses (en sachant que ceci s’étend au domaine pharmaceutique par exemple et à toute méthode de distribution des idées et des créations) :

Et puis une autre pour la route, plus récente :

Certains pays sont déjà passés à la casserole, d’autres parmi ceux ayant participé aux négociations sont sur le point de le faire. La Suisse fait partie de ceux-la. Je me suis renseigné sur la procédure exacte d’approbation de l’ACTA dans notre beau pays. Et la réponse de l’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle est la suivante :

La décision quant à la signature de l’accord ACTA par la Suisse ressort de la compétence du Conseil Fédéral. Une fois signé, l’accord sera ensuite soumis au parlement pour approbation. Vu que les procédures relatives à la signature sont en cours, il serait prématuré de se prononcer sur leur issue à ce stade. Par ailleurs, l’accord ACTA est compatible avec le droit suisse en vigueur, son entrée en force ne nécessiterait donc aucune modification législative.
Le Parlement devra donc se prononcer. À cet effet, j’ai très envie de signaler à nos parlementaires ce qu’est l’ACTA ainsi que ses conséquences désastreuses. Pour ce faire, je vous propose une pétition en ligne que vous trouverez à cette adresse. Signez-la svp. Faites-la signer. Parlez-en autour de vous.
Un point quand même qui fait peur, et je re-cite : « l’accord ACTA est compatible avec le droit suisse en vigueur »… cela semble signifier que notre législation foule au pied la liberté d’expression et le droit à la vie privée tout en faisant tout son possible pour soutenir les ayants-droits et autres grands distributeurs au profits des créateurs. Il y a encore du boulot à ce niveau-là, semble-t-il.

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Quand le gouvernement commence à comprendre le web

Pour une fois que nos autorités ne sortent pas une connerie énorme au sujet du web, il est de bon ton de le signaler. Parce qu’on en a vu récemment des énormités. Utilisation de logiciels espions, volonté de rendre les FAI responsables et d’en faire une police du net, participation à l’ACTA, etc. Autant de points sur lesquels nos dirigeants ont montré leur manque de compréhension du monde de l’internet. Mais là, bravo. En réponse à un postulat du Conseil des Etats demandant de se pencher sur la législation protégeant le droit d’auteur, le Conseil Fédéral a répondu qu’il ne servait juste à rien de légiférer, que le droit actuel convenait. Le plus intéressant sans l’histoire, ce sont les arguments mis en avant :

« Le rapport brosse un tableau de la situation actuelle. Les enquêtes existantes permettent de conclure que jusqu’à un tiers des plus de 15 ans en Suisse téléchargent gratuitement de la musique, des films et des jeux. Il semble également que la majorité des internautes ne sait pas quelles offres sont légales et lesquelles ne le sont pas malgré les nombreux articles parus dans les médias et les campagnes d’information.

La part du revenu disponible dépensée par les consommateurs et consommatrices dans ce domaine reste stable. On observe cependant des transferts au sein de ce budget. Ainsi, les utilisateurs et utilisatrices de sites de partage continuent d’investir dans le secteur du divertissement les économies qu’ils réalisent en téléchargeant des contenus sur Internet, mais au lieu d’acheter des CD et des DVD, ils s’offrent des billets de concert et de cinéma et des produits de merchandising.

Ce sont surtout les grandes sociétés de production étrangères qui pâtissent de ces nouvelles habitudes de consommation et qui doivent s’y adapter. Comme le montrent les transferts dans le budget divertissement esquissés dans le rapport, les craintes de voir cette évolution avoir un impact négatif sur la création culturelle suisse sont infondées. »

Communiqué du Conseil Fédéral, 30.11.2011

 Et voilà, c’est dit. Le gouvernement suisse pense en premier lieu aux créateurs t non pas aux distributeurs et aux majors. On rappellera que le fonctionnement actuel du droit d’auteur est en fait un droit aux distributeurs, qui rapporte aux grandes entreprises, mais qui ne permet pas réellement aux artistes de vivre (sauf quelques grosses pointures). Ce communiqué a le mérite de mettre les points sur les « i » et de rappeler quelques évidences que l’on entend bien peu souvent dans la bouche de nos politiques. Du genre :

  • les pirates dépensent de l’argent (et parfois beaucoup) en biens culturels
  • le créateur n’est pas celui qui souffre le plus du téléchargement illégal
  • le paradigme de distribution dans lequel notre économie s’est enfoncée est dépassé

Cela fait plaisir de voir enfin une réflexion posée, cohérente, réaliste et rationnelle.

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La censure du net selon les Etats-Unis

Alors  que je vous ai déjà parlé plusieurs fois du fameux et catastrophique ACTA qui s’avance, les élus américains arrivent tranquillement avec une loi qui va plus loin encore et qui, en plus, impacterait internet non seulement chez eux mais dans le monde entier. A l’heure actuelle se discute en effet le projet de loi Stop Online Piracy Act (SOPA). Comme d’habitude avec ce sujet, l’intitulé semble sympathique (après tout, arrêter le piratage c’est pas mauvais sur le fond). Par contre sur la forme (et donc les moyens) donnée au projet de loi, il y a beaucoup à dire. Tellement à dire que pas mal de monde s’y oppose. A commencer par les associations de défense de la liberté d’expression et de la vie privée. Mais aussi les éditeurs de logiciels par exemple. Ou Google menaçant de quitter la chambre américaine du commerce si cette loi venait à passer. Des gens qui d’habitude ne s’entendent pas sur le sujet. Ici presque tout le monde semble contre, à l’exception évidemment des fameux ayant-droits, la RIAA et compagnie.

Mais en quoi consiste le SOPA? En gros, cela permettrait à un ayant-droit constatant une utilisation non approuvée des oeuvres qu’il couve de faire bloquer sans procédure judiciaire aucune le site internet incriminé. Allant jusqu’à bloquer tout le site bien entendu, que le contenu incriminé soit réellement illégal ou pas, qu’il provienne d’un contenu généré par les utilisateurs ou par les auteurs du site lui-même. Et tout cela sans que la justice n’ait son mot à dire. L’ayant-droit pourrait obliger le blocage par le FAI, la disparition du site des moteurs de recherche, la fin de tout accord avec les systèmes de paiement type Paypal et la fin de tout contrat de de publicité sur le site en question. Bref, la mort du site. Et en gros la mort d’internet comme espace de liberté d’expression. La fin d’internet tel qu’on le connaît. Tout site à contenu généré par les utilisateurs (de Youtube à Twitter en passant par Facebook et Flickr) pourrait ainsi être victime de ce qu’en font certains utilisateurs.

Et tout ça pourquoi? Au nom d’un système de copyright daté et dépassé, qui n’a pas su s’adapter, et qui n’a rien d’un droit d’auteur ; ce système permettant aux ayant-droits de s’enrichir et privant le public d’un accès à la culture et aux œuvres de l’esprit ne sert en rien les créateurs qui n’en profitent pas réellement.

 

 Crédit photo : SOPA = Less Liberty and more Robo-Justice For All, par DonkeyHotie, licence Creative Commons, sur Flickr

 

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La neutralité du net doit être préservée

La neutralité du réseau (ou du net, ou du web,…) : une expression qui se répand de plus en plus (très surpris de voir un édito là-dessus dans un quotidien grand public) mais que bien peu de gens comprennent. Et pourtant, dans notre société connectée et internetisée, cette notion est fondamentale. Comme elle commence à être attaquée par différents fronts, il faut peut-être préciser de quoi il retourne et pourquoi elle doit être préservée ; à l’instar de ce qui se déroule en ce moment au Parlement européen par exemple.

Comme souvent avec les notions spécifiques aux nouvelles technologies, on a ici un sujet complexe, difficile à appréhender pour quelqu’un qui n’est pas dedans. Et comme certains font de la très bonne vulgarisation, je vous mets les liens vers cet article en deux parties du site OWNI : La neutralité du réseau pour les nuls, partie 1, partie 2. Vous comprendrez alors très vite de quoi il retourne. Il suffit aussi de reprendre l’illustration ci-contre (cliquer pour agrandir) : Les fournisseurs d’accès doivent me garantir un accès à Internet dans sa globalité (sans restriction), sans surveiller mes données, sans modifier les sites que je visite, et sans ralentir ma connexion pour certains sites. En effet, nos bons FAI rivalisent d’arguments fallacieux et douteux pour limiter les accès à Internet afin d’augmenter leurs marges et de promouvoir leurs propres services. L’accès à Internet est de plus en plus reconnu comme un droit fondamental, celui de l’accès à l’information. L’ONU défend cet accès. Malheureusement les lobbies télécoms ayant le poids qu’on leur connaît, il est très difficile de lutter contre eux ; surtout qu’ils ont souvent cet aspect d’experts que l’on écoute attentivement et que l’on n’ose pas contredire parce que « eux, ils savent ».  faux! Tout comme pour la finance dans un de mes billets précédents, le consommateur doit devenir consommacteur et dire ce qu’il veut dans le cadre des services qu’il paye. Et s’il y a bien une chose qu’il faut refuser, c’est ce contrôle et ce flicage des pratiques sur le net. Voyons quelques exemples de ces risques planant sur la neutralité du web, par exemple en reprenant les différentes étapes du schéma ci-dessus.

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