Peaky Blinders – Saisons 1 à 5

Il y a des jours comme ça où tu te dis que certaines séries font beaucoup parler d’elles et qu’il serait temps d’y jeter un œil. C’est ainsi que j’ai enfin découvert Peaky Blinders ; et l’œil que j’y ai jeté était assez du genre bingewatching pour rattraper les 4 saisons passées et enchaîner avec la toute fraîche 5ème. Alors je vais vous détailler un peu mon avis plus bas mais en gros c’est de la balle atomique!

On va suivre ici les mésaventures de la famille Shelby, un clan tzigane surnommé Peaky Blinders habitant dans le Birmingham des années 20, dont les principaux frères sont allés combattre pour l’Angleterre pendant la première guerre. Ils vivent d’arnaques, de paris illégaux, et de bastons avec des gangs rivaux. Mais surtout à leur tête il y a Thomas Shelby qui, en plus de son charisme et de son intelligence, dispose d’un ego surdimensionné et d’une ambition sans bornes, limite à se prendre pour dieu. Il partage avec ses frères un goût consumé pour la violence et un stress post-traumatique marqué. Au fur et à mesure des saisons, le gang va se développer, élargir ses affaires, s’accaparer de plus en plus de sources de revenus, de plus en plus légales, montant la hiérarchie sociale et se faisant des couilles en or, mais surtout en trouvant sur le chemin des adversaires de plus en plus coriaces qui leur en feront voir de toutes les couleurs.

La série dispose de très nombreux atouts, alors essayons de les lister un peu. On commence par l’histoire en elle-même. Les tribulations de la famille Shelby sont vraiment prenantes. Alors certes, il y a pas mal de libertés prises avec l’histoire réelle, mais après tout on est là pour regarder de la fiction et non un documentaire. On se retrouve un peu dans une ambiance à la Sons of Anarchy par moments, puisque l’on suit ici des bad guys qui sont nos héros et auxquels on s’attache, qui parfois vont tenter de partir vers la légalité, qui sont adeptes de violence, qui ont affaire à des rivaux et aux forces de l’ordre. Corruption, rivalité, bastons, attentas, sales coups, tout y est et on plonge avec délice dans cet univers. On se prend d’affection pour eux et on redoute à chaque fois les malheurs qui vont leur tomber sur le coin de la gueule au cours de la saison. Et puis le scénario mêle de nombreux éléments. La famille Shelby se retrouve mêlée à des événements importants de l’histoire anglo-saxonne, on suit le développement de l’industrialisation, le crash de 1929 (les cinq saisons actuelles s’étalent sur une dizaine d’années des héros), l’arrivée du fascisme, les questions écossaise et irlandaise, etc ; on se permet même l’intégration de personnages historiques réels (avec une certaine liberté quand même, comme dit plus haut). Il y a les événements directement liés à leurs combines, leurs conflits. Il y a les relations familiales, pas toujours simples. Il y a la gestion de leurs problèmes personnels, comme la drogue, l’alcool (je crois que je n’ai jamais vu autant boire et fumer à l’écran), le passé, l’amour, la parentalité. On a aussi une espèce de malédiction qui semble peser sur eux, et plus particulièrement autour de Thomas Shelby. Et puis on se permet même de faire de petites piques anti-Trump. Une série dense, avec de nombreux éléments. Les ramifications sont parfois complexes ; il y a beaucoup de personnages et un nombre conséquent de factions aux liens pas toujours simples (d’autant que ces liens peuvent évoluer et se modifier considérablement). On ne s’ennuie donc pas devant l’écran car nos Peaky Blinders trouvent toujours des adversaires à leur mesure ; et même si parfois la manière de s’en débarrasser fait un peu Deus Ex Machina, le résultat est solide et prenant. D’autant que les épisodes savent jouer du cliffhanger. Le showrunner Steven Knight (co-scénariste de Taboo) semble bien savoir ce qu’il fait. D’ailleurs la fin de la saison 5 se termine sur un cliffhanger abrupt et pissant, alors que Thomas et son gang font face à un adversaire plus coriace que jamais.

Passons maintenant à la qualité de la réalisation de la série, qui atteint de très hauts sommets. Les images sont superbes, les plans sont presque toujours très bien pensés. Peaky Blinders nous emporte réellement dans son univers et nous plonge complètement au sein des histoires qu’elle raconte. Tout est super travaillé, stylisé. L’ambiance rendue est proprement incroyable avec un vrai ton qui lui est propre. Et des variantes suivant les lieux visités (Londres, la campagne, Birmingham,…) Je ne sais pas si les endroits étaient réellement ainsi à l’époque, ni si les fringues étaient vraiment comme ça, etc. mais le rendu est là et ça en jette. C’est tout ce que l’on demande. A noter que les saisons sont en général mises en boîte par un seul réalisateur (deux se sont relayés pour la première), au lieu de réalisateurs différents pour chaque épisode. Du coup on retrouve une vraie continuité dans l’ambiance et le style. Chaque saison constitue vraiment une entité solide.

La série tient également beaucoup à ses personnages, profonds, torturés, complexes, et à leurs interprètes, qui donnent presque tous des prestations de très haut niveau. A commencer par Cillian Murphy (28 jours plus tard, Batman Begins, Sunshine, Inception,…) qui donne à Thomas Shelby toute sa prestance, son charisme, son charme. Un personnage complexe, intelligent, paranoïaque, à l’ego et l’ambition titanesques, control freak, prêt à tout, traumatisé, séducteur ; une interprétation incroyable pour un rôle marquant, j’adore. A ses côtés, son grand frère bien moins sous contrôle, sauvage et brutal, mais sur la voie de la rédemption, torturé et lui aussi ultra-traumatisé, c’est Arthur, interprété de manière incroyable par le puissant Paul Anderson (Sherlock Holmes, The Revenant, 24H to Live,…) ; le genre de prestation qui prend aux tripes. La fratrie comprend encore Joe Cole (Green Room, Black Mirror,…) dans le rôle de John, plus jeune et fougueux et qui en veut, ainsi que le petit dernier Finn qui n’a pas fait la guerre et a toujours quelque chose à prouver, incarné par Alfie Evans-Meese puis Harry Kirton. Il y a aussi Helen McCrory (Harry Potter, Penny Dreadful,…) dans le rôle de la tante, la sagesse de la famille, héritière de traditions tziganes, imposante, autoritaire, une femme forte. Sophie Rundle est Ava, la sœur, qui tentera de se rebeller, de se donner un nom propre. Annabelle Wallis (Annabelle, King Arthur, The Mummy,…), une femme dont l’amour aurait pu sauver Thomas, porteuse d’espoir. De nombreux personnages gravitent autour du noyau principal, avec une importance variable mais toujours très bien interprété ; on retrouve là Finn Cole, Sam Neill (Jurassic Park, Event Horizon, Pierre Lapin,…), Ned Dennehy (Good Omens,…), Packy Lee, Tom Hardy (Inception, The Dark Knight Rises, Mad Max Fury Road, The Revenant, Venom, Taboo,…) complètement habité et dantesque, Aimee-Ffion Edwards, Natasha O’Keeffe (Sherlock), Kate Phillips, Charlie Murphy, Adrien Brody (Le Village, King Kong, Predators,…) impressionnant et flippant, Aidan Gillen (Game of Thrones, Bohemian Rhapsody,…), Paddy Considine (Hot Fuzz, Jason Bourne,…)Gaite Jansen, Anya Taylor-Joy (The Witch, Split, Glass,…) stupéfiante, Brian Gleeson (Hellboy), Sam Claflin (Blanche-Neige et le chasseur, Hunger Games,…) en détestable fasciste, la gueule de Tommy Flanagan (Sons of Anarchy,…) ou encore Tony Pitts. Et j’en oublie, car il y a vraiment un lot conséquent de personnages marquants. Et cela joue beaucoup pour faire de Peaky Blinders cette réussite.

Et un des éléments qui m’éclatent vraiment quand je regarde cette série, c’est sa bande-son. Le créateur a fait le choix de coller de la musique contemporaine sur une série se déroulant il y a un siècle. Et le résultat est juste bluffant. Les titres choisis soutiennent les scènes à la perfection et portent les images, les rythmant avec juste ce qu’il faut. Si on ajoute les choix de passages silencieux sans musique qui prennent du coup une autre dimension. Mais bon je dois dire que la sélection des artistes est tout bonnement une tuerie. Rien que le générique d’ouverture avec l’immense Nick Cave est un pur bijou qui m’a tout de suite donné un a priori positif sur a série. Mais quand on ajoute PJ Harvey, les White Stripes, Radiohead, Black Strobe, The Black Keys, Idles, Royal Blood, Joy Division, The Löast Shadow Puppets, David Bowie, The Dead Weather, The Dubliners, Black Sabbath, The Kills, Black Rebel Motorcycle Club, Tom Waits, Arctic Monkeys, The Raconteurs, Mark Lanegan, Dan Auerbach, Jack White, Johnny Cash, Queens of the Stone Age, Foals, et d’autres… ouais là ça claque sévère. Du pur bonheur.

Bref, vous l’aurez compris, je suis ultra-fan. Peaky Blinders est à mettre dans le top des séries avec Battlestar Galactica, Breaking Bad, Sons of Anarchy, Black Mirror, Sherlock,… Du pur bonheur. Attention quand même, série très adulte ; il y a beaucoup de violence, de brutalité, il y a du sexe, pas mal de drogue, beaucoup d’alcool et de cigarettes, des thèmes très durs. Mais qu’est-ce que c’est bon. Et là, franchement, avec cette fin de saison 5, j’attends la sixième avec beaucoup beaucoup d’impatience.

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